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Jeudi, 18 Janvier 2018

  •   Lynda Abbou
  • lundi 1 janvier 2018 17:20

Nadia Chouitem, la parlementaire qui a remis Tamazight en mode conquête (Portrait)

Elle est la femme par qui la rue s’est remise en marche sur le thème de Tamazight. Nadia Chouitem, députée du Parti des Travailleurs (PT), se livre dans ce portrait au terme d’une année dont elle a marquée l’actualité. 

 

 C’est un  samedi de vacances d’hiver. Beau soleil. Il y’a foule à Chéraga (banlieue Ouest d’Alger). Au calme, à l’intérieur d’un fast-food populaire Nadia Chouitem est là, discrète, tout sourire attablée côté vitre. Une bague sur la main gauche, petits talons, petite sacoche, cape noire bordée de fourrure au col, boucles d’oreilles assorties au pull gris, légèrement maquillée, la députée est d’une élégance, toute simple et  toute belle. 

La discussion n’a pas besoin de préliminaires. La militante de 44 ans s’affiche d’entrée. « Avec tamazight j’ai une relation intime, c’est ma langue maternelle »,  confie-t-elle, les yeux qui brillent. Députée discrète, qui vit dans le calme ou presque, elle est propulsée en quelque jours au tout premier plan de la scène politique algérienne. Dimanche 26 novembre dernier, Nadia Chouitem âgée de 44 ans, représentant les Algériens à l’Assemblée Populaire Nationale  a proposé un amendement pour la promotion de la langue amazighe.

L’amendement a été refusé et des manifestations ont été enclenchées dans plusieurs wilayas de l’Algérie. Son émotion n’a pas de retenue lorsqu’elle évoque la  fierté que lui procure « le niveau de conscience politique de ces jeunes qui ont manifesté contre la loi de finances 2018 et pour la revendication de tamazight ». Pour elle, ces jeunes ont démontré que le peuple algérien peut s’organiser et revendiquer ces droits. Cette  nationaliste affiche crânement son anti-séparatisme, son orgueil d’appartenir à trois patries à la fois, la Kabylie, l’Algérie, l’Afrique. Elle trouve que les jeunes manifestants qui se sont adressés directement au pouvoir  ont enterré les mouvements séparatistes.  

 

Le choc de la langue cachée

C’est à l’âge de 5 ans, que la petite Nadia a  découvert qu’une autre langue que sa langue maternelle existait en Algérie. « Le jour où j’ai entendu l’arabe à l’école j’étais  choquée », a-t-elle dit.  Elle ne comprenait pas un mot, et pendant les premières semaines elle se contentait de l’observation de son professeur. C’est sa maman qui va lui apprendre cette nouvelle langue. « Si ce n’était pas ma mère, je serais une femme non instruite aujourd’hui », se souvient-elle.  Elle avait des parents suffisamment instruits. Une maman au foyer et un papa qui était dans l’administration. Elle évoque avec émotion son défunt père. Elle a appris l’arabe petit à petit.

« Heureusement que l’enseignement était obligatoire, et que nos parents n’avaient pas le choix.  Sinon je n’aurais pas fait d’études. Et, c’est pour ça d’ailleurs que je revendique  un enseignement obligatoire de tamazight. Je ne comprends pas les gens qui parlent du choix et de l’enseignement facultatif », s’exclame-t-elle.  Cette authentique kabyle née dans l’un des lieux haut perchés, Laravaa Nath Irathen (ex Fort national), dans la wilaya de Tizi Ouzou, a fait toutes ses classes de la vie sur place. Elle a vécu les plus forts moments de la région et du combat pour tamazight, pour la démocratie et pour la justice sociale. D’avril 1980, elle se souvient vaguement. «  J’étais au primaire, et c’est là que je me suis rendu compte  que ma langue n’était pas reconnue. D’ailleurs on m’interdisait de parler kabyle à l’école. C’est avec le mouvement de 80 que j’ai su qu’il y a des gens qui militaient pour cette cause. Mais c’était enfantin et naïf. Je ne comprenais pas bien les choses mais j’ai compris qu’il y a un problème » ajoute-t-elle.   

 Il n’y avait donc pas que Tamazight

La prise de conscience politique surviendra lorsqu’elle a rejoint la faculté de médecine à Tizi Ouzou,  après les manifestations de 1988.  D’après elle, ce sont les évènements de 88 qui lui ont fait découvrir  la réalité du pays  et le sens du combat pour la démocratie. Nadia Chouitem rejoint vite le comité des étudiants à la faculté de Hasnaoua (Tizi Ouzou). Pour elle, c’est le passage à l’action.  Avec ses camarades elle milite, elle organise des marches, des grèves et des conférences- débats.

Elle évoque avec fierté cette période des débuts de sa vie militante : « Je me suis battue pour les droits des étudiants mais aussi pour la démocratie et la liberté d’expression ».  C’est pendant cette période qu’elle côtoie les différents dirigeants et militants des partis politiques. Notamment ceux du PT.   Elle a  découvert les partis et leurs positions. Et elle était  fascinée par le discours de Louiza Hanoune sur la télévision.  « Mes idées commençaient à être organisées, ma conscience se développait. Pour moi ce n’était plus tamazight uniquement, mais la justice sociale et la lutte dans son sens le plus vaste. En 1997 et après la fraude électorale j’ai décidé d’adhérer à un parti politique. C’était donc le PT car c’est le parti qui convient le plus à mes idées »,  explique la députée Chouitem.

Le printemps noir de 2001, un déchirement

Les émeutes de 2001 sont un drame pour elle. « L’assassinat de  Guermah Massinissa  est tombé sur nous  comme un séisme » regrette-t-elle. Yeux embués, visage marqué, elle lâche ; «  une provocation a eu lieu de la part d’un centre  ou d’un autre au pouvoir. C’était douloureux, y avait de la répression, du sang a été versé et il  y a eu de la barbarie !» Moment de silence. Pour elle, décréter yennayer fête nationale  est un  acquis. Mieux encore, c’est le fruit d’un combat de longues années. Même si pour elle ce combat à trouvé un répondant auprès du président de la République, puisque  Bouteflika « est celui qui a répondu le plus aux revendications de tous les présidents de l’Algérie indépendante ».  Nadia Chouitem  est convaincue, pour autant, que le système qui gouverne l’Algérie actuellement est à changer  « il est devenu un danger pour l’avenir de l’Algérie. Et son départ est un défi  pour le peuple algérien », a-t-elle expliqué. 

Résistance et Espoir

Ce qui se dégage de chez Nadia Chouitem, c’est  la volonté, l’absolue envie de poursuivre son engagement, son combat pour ses idées. Même si l’exercice de la médecine lui manque. Et le choix de la politique l’a privé de réaliser  ses rêves tel que de continuer ses études. Mariée et maman de deux garçons de 5 et 7 ans, Nadia Chouitem est très soutenue par son mari qu’elle a suivi à Alger juste après leur  mariage en  2003. Militant au PT, son prince charmant n’était pas étranger à sa rencontre avec le parti dirigée par Louiza Hannoune. Nadia Chouitem  propose « résistance et espoir » pour décrire la nouvelle année de 2018.

 


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8 Commentaires

  • Azul Mokrane,je suis prêt à défendre tous les peuples écrasés et opprimés y compris les rifains,les kurdes...Je défends le peuple kabyle ce qui vous étonne car je suis né et je vis à Vgayet en Kabylie.Si l'Algérie est dirigée par des amazigh,pourquoi Tamazight n'est pas officielle comme l'arabe ? Pourquoi il n y a pas d'égalité entre tamazight et l'arabe ?
    Moi camarade Mokrane je ne vois pas de différence entre une monarchie absolue déguisée en démocratie et une république démocratique avec un président à vie.Deux Etats voisins mais similaires dans leur approche démagogique de la question amazigh. Mêmes intrigues,mêmes louvoiement et même hypocrisie tout ce qui est amazigh..

    Rapporter AKSIL mercredi 3 janvier 2018 15:06
  • @AKSIL. Tu ferais mieux de défendre le peuple Amazigh du Rif au lieu de perdre ton temps avec le peuple algérien Amazigh depuis la nuit des temps dans un pays dirigé par de vrais Amazigh au lieu et place d'une famille Allaouite venue de l'Arabie Saoudite pour l'Humilier et l'Asservir.

    Rapporter Mokrane mardi 2 janvier 2018 18:35
  • Très bon portrait de cette fière descendante de Kahina et Lala Fatma N'soumer.. cependant please please dimensionnez correctement vos photos ! C'est un manque de respect aux personnes dont vous nous parlez de déformer leur apparence ! et un manque de professionnalisme qui fait mal aux yeux ! C'est pas compliqué à faire !!

    Rapporter Kamo mardi 2 janvier 2018 15:04
  • Comme quoi, la dictature a du bon... C'est le moment où jamais...

    Rapporter Tournesol mardi 2 janvier 2018 12:48
  • C'est très très positif de commencer l'année avec un portrait si intéressant de femme algérienne, députée de surcroît. Merci de nous avoir fait partager le parcours vivifiant de Nadia Chouitem. Je lui souhaite le meilleur en cette nouvelle année.

    Rapporter Toumani mardi 2 janvier 2018 01:00
  • Décidement, les brobros sont partout.

    Rapporter Abu al alaa lundi 1 janvier 2018 23:50
  • UNE GRANDE DAME, A L'IMAGE DE SES AÏEULES, KAHINA, FATMA N'SOUMER, ETC.

    Rapporter HMITOUCHE lundi 1 janvier 2018 20:48
  • Celles ou ceux qui "vont enterrer les mvts séparatistes" ne sont pas encore nés.La langue kabyle doit-être gérée par le peuple kabyle et non par un Etat liberticide anti-kabyle et anti-amazigh.
    Les mesurettes du pouvoir sont inopérantes sur la détermination des nationalistes kabyles décidés à libérer la nation kabyle des ses fossoyeurs.L'idée d'un Etat kabyle libre est semée,elle va pousser,n'en déplaise aux kabyles bornés et entêtés qui croient au père noël;c'est à dire une chimérique Algérie démocratique.

    Rapporter AKSIL lundi 1 janvier 2018 18:36
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