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Mardi, 17 Octobre 2017

  •   Hassan Haddouche
  • lundi 17 avril 2017 08:31

Vers un partenariat PPP pour les métros d’Alger et Oran et le péage sur l’autoroute Est-Ouest

 

Un partenariat public-privé dans la réalisation et la gestion de plusieurs infrastructures dont les métros d'Alger et Oran et le péage sur l'autoroute est-ouest est envisagée avec le soutien et l'expertise de la Banque Mondiale.

 

 En Algérie, la rareté des ressources financières va obliger de façon croissante les pouvoirs publics à explorer d’autres horizons que celui du seul financement budgétaire. Comment maintenir l’effort de réalisation des infrastructures économiques tout en diminuant les dépenses d’équipement de l’Etat ? La solution de cette équation compliquée est dans le recours au financement par le partenariat public-privé mais également à la coopération internationale C’est ce qu’on a souligné à la fin de la semaine dernière à Alger

 Le partenariat public-privé (PPP) sur lequel les autorités algériennes comptent apparemment beaucoup pour réaliser les futurs projets d'infrastructures, était à l’honneur à Alger mercredi et jeudi dernier. De nombreux cadres des secteurs des transports et travaux publics, de la santé, de l’énergie et de l’industrie étaient réunis en "Atelier" sur ce thème avec des experts de la Banque Mondiale.

 Le ministre de la Santé Abdelmalek Boudiaf, en charge de l'intérim du ministère des Travaux publics et des Transports, a planté le décor. "Les pouvoirs publics algériens sont disposés à mettre en place des mécanismes de facilitation pour une plus grande ouverture aux opérateurs nationaux et étrangers dans le financement, la réalisation et la gestion des infrastructures dans le cadre d'une démarche économique rationnelle et d'un partenariat fructueux avec un transfert de savoir-faire notamment les concepts de management et les outils de montage financier".

Le représentant de la Banque Mondiale en Algérie, M. Demba Ba, était sur la même longueur d’onde :"Nos experts sont venus pour partager des expériences internationales dans ce type de partenariat, et permettre aux cadres du secteur des transports de s’approprier les méthodes de travail. Nous allons faire le chemin avec eux pour la préparation de projets susceptibles d'être soumis aux PPP".

 Notre rôle, a-t-il ajouté, est de "ramener les meilleures expériences internationales sur les modalités de montage de ces projets pour avoir des coûts de financement raisonnables et de trouver de bons mécanismes de financement, et ce, à travers nos conseils et notre accompagnement".

 

Quatre "projets pilotes" déjà retenus

 

En fait il ne s’agissait pas seulement mercredi et jeudi dernier de "présenter des expériences internationales". Les choses sont apparemment beaucoup plus avancées. Selon l’agence officielle APS "quatre projets pilotes dans les transports susceptibles, après décision du gouvernement, d’être retenus pour un financement par la Banque mondiale, ont été examinés jeudi à Alger".

Et il ne s’agit pas de n’importe quels projets: la construction du métro d’Oran, l’extension du métro d’Alger, le projet du péage sur l’autoroute Est-Ouest et la ligne pilote de bus "à haut niveau de service" qui doit relier Tafourah à l’Aéroport international Houari-Boumediene.   L’information a été donnée à l’APS par le directeur général des Infrastructures au ministère des Travaux publics et des transports, M. Boualem Chetibi.

 "Ces projets feront l’objet d’une étude de faisabilité dans le cadre du partenariat public-privé avec le soutien technique et financier de la Banque mondiale après décision du gouvernement" a précisé M. Chetibi. "On a examiné avec les experts de la BM tous les aspects règlementaires et techniques et même financiers pour accélérer le processus d’un partenariat gagnant-gagnant, qui vise essentiellement à développer et à diversifier les infrastructures dans notre pays", a-t-il ajouté.

 Le même responsable a précisé que les quatre projets sont susceptibles d’être retenus pour un financement par la Banque mondiale dans le cadre du PPP, notant que la BM "assure l’accompagnement technique ainsi que le financement des études d'expertises".

 

Près de 3 milliards de dollars de financements

 

Preuve que les projets ont déjà connu un certain niveau de maturation, leur consistance et le montant des financements nécessaires pour les deux plus importants a été révélée de façon complètement inédite.

 Pour le métro d’Oran qui s’étendra sur 19,7 km avec 20 stations, le coût total estimatif est de 168 milliards DA (environ 1,5 milliards de dollars). Le projet d’extension du métro d’Alger (Place des Martyrs - Chevalley) sur une distance de 9,5 km avec 8 stations devrait couter 74 milliards DA (environ 700 millions de dollars).  La décision d’associer la Banque Mondiale à la réalisation de plusieurs projets d’infrastructures de transport doit encore être approuvée par le Gouvernement. Elle constituerait un tournant important dans la politique de réalisation des infrastructures économiques.

 Entre l’Algérie et la Banque mondiale, les relations étaient quasiment au point mort depuis le milieu de la décennie écoulée. La raison de l’interruption quasi complète de cette coopération tient à une raison très simple : la politique de désendettement tous azimuts adoptée par les autorités algériennes à partir de 2003- 2004.

Mise en œuvre sans nuances, elle a provoqué une série de dégâts collatéraux au premier rang desquels figure le tarissement presque complet de la coopération avec les institutions financières internationales. La Banque mondiale n’est pas la seule concernée et des institutions comme la Banque Africaine de Développement ont également vu leurs activités se réduire et leurs représentations en Algérie réduites à leur plus simple expression jusqu’à l’annonce à la fin de l’année dernière de l’octroi d’un prêt de 900 millions de dollars à l’Algérie.

Seules les assistances techniques conclues dans le cadre du programme MEDA de l’Union européenne ont échappées à cette lame de fond en raison à la fois de la signature de l’Accord d’association et de l’absence d’endettement lié aux actions mises en œuvre. 

De nombreux spécialistes  se sont émus au cours des dernières années des freins imposés  à la  coopération avec des institutions disposant d’un savoir-faire et d’une expérience  considérable en soulignant notamment son caractère paradoxal dans un contexte ou, au cours de la décennie écoulée, l’Algérie mettait en œuvre des programmes d’investissements colossaux sans pouvoir toujours les accompagner de la maturation, des évaluations et des actions de suivi nécessaire .

 


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1 Commentaire

  • Je ne sais pas pourquoi on veut mettre tout à la sauce du "partenariat public privé" comme si c'était la trouvaille du siècle. Pourquoi ne pas l'appeler tout simplement par son nom: LA CONCESSION. C'est trop simple ?

    Rapporter Truc lundi 17 avril 2017 18:34
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