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Vendredi, 23 Juin 2017

  •   Aymen Zitouni
  • lundi 10 octobre 2016 17:18

Polémique sur la retraite : les chiffres du gouvernement sont contestables, selon un expert

 La Caisse nationale des retraites (CNR) - Ph Facebook

Pour défendre sa politique en matière de retraite, contestée par les syndicats, le gouvernement avance via le ministre du travail qu’il y a actuellement 2,1 travailleurs cotisants pour un retraité. Un chiffre qui n’est pas conforme à la réalité, selon Nouredine Bouderba, ancien syndicaliste et spécialiste des questions sociales.

 

 La décision de la dernière tripartite (Gouvernement-Patronat-UGTA) de fixer l’âge de départ à la retraite à 60 ans continue d’agiter le front social. Alors que des syndicats autonomes se préparent à une grève « renouvelable » à partir à partir du 17 octobre prochain, le gouvernement continue de défendre le bienfondé de la décision par la préservation des équilibres financiers de la Caisse nationale des retraites (CNR).

 Pour Nouredine Bouderba, ancien membre de la Fédération des pétroliers (FNTPGC) et spécialiste des questions sociales, le profil démographique de l’Algérie ne peut justifier la suppression de la retraite proportionnelle et retraite sans condition d'âge même s’il reconnait qu’il y a réellement un problème d’équilibre financier de la CNR.

 Selon lui, pour fixer l’âge du départ à la retraite, il faut avant tout revenir à ses déterminants notamment celui lié à la démographie du pays. « Dans tous les pays du monde, l’âge de départ à la retraite a un grand lien avec la démographie. Et contrairement à tout ce qui se dit dans les médias, l’Algérie est dans une phase d’ ‘’aubaine démographique’’. En clair, « il y a potentiellement beaucoup d’actifs qui peuvent relancer l’économie par rapport aux inactifs », a-t-il expliqué à Maghreb Emergent.

 Le déterminant démographique

 Et c’est justement, ce déterminant démographique qui doit être pris en compte lors de la fixation de l’âge de départ à la retraite, précise M. Bouderba qui rappelle que la France avait décidé en 1982 d’abaisser l’âge de départ à la retraite de 65 à 60 ans alors que la proportion de la population âgée de plus de 60 ans était de 17%.

 «Tandis qu’en Algérie avec un ratio de 8,7% en 2015, on veut augmenter l’âge du départ à la retraite », a-t-il ajouté.  Sur le nombre de travailleurs cotisant pour un retraité qui est actuellement de 2,1 pour 1 selon le ministre du Travail, M. Bouderba estime qu’il n’est pas conforme à la réalité.

 Selon lui, le chiffre exact est de 3 actifs pour 1 retraité en se référant aux dernières statistiques des caisses sociales, soit 5,1 millions de cotisants (CNAS) pour 1,7 millions de retraités (CNR). Ce chiffre, ajoute-t-il, devrait être plus important si l’on se réfère aux statistiques de l’ONS qui donnent 7,6 millions de salariés en Algérie, soit 4,4 actifs pour 1 retraité.

 M.Bouderba relève dans ce sens que les salariés non déclarés constituent un gisement important dans lequel il faut puiser pour rééquilibrer les comptes de la CNR. Et de préciser que 82 % des salariés du secteur privé ne sont pas déclarés à la sécurité sociale, citant les statistiques de l’ONS de 2015.

 Mobiliser les ressources qui échappent aux caisses sociales

 Dans l’immédiat, il préconise de mobiliser les ressources qui échappent aux caisses sociales. Il cite entre autres le cas des salariés non déclarés mais aussi la catégorie des indépendants qui ne comptent que 300.000 cotisants à la CASNOS sur 3 millions d’actifs.

 La lutte contre l’activité informelle et la non-déclaration va permettre ainsi de récupérer quelques 550 milliards de DA pour les caisses sociales, précise notre interlocuteur.

 Il cite également le cas des emplois subventionnés pour les entreprises à travers le dispositif des emplois aidés. Selon lui, la Caisse nationale d’assurance chômage (CNAC) a reçu en 2001 et 2015, pas moins de 180 milliards de DA de recettes de cotisations dont 171 milliards sont allés financer les emplois aidés, alors qu’il n’est pas de son ressort de le faire.

 S’agissant des solutions à long terme, M. Bouderba estime que la pérennité du système de retraite est intimement liée à la relance de la croissance à travers les investissements productifs et créateurs de richesses. « Si on arrive à augmenter notre taux d’activité qui est actuellement de 41% de 10%, on va créer un million d’emplois et gagner 200 milliards de DA pour les caisses sociales », a-t-il conclu.


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4 Commentaires

  • a mr abed charef,
    ce que vous déclaré là est une lapalissade.
    sur un sujet pareil,il faut éviter le supérficiél,car c'est du lourd,donc il faut aller au fond des choses,et de mettre sur la table tout le systeme de retraite en algerie.associer aussi tout le monde à la demarche.ne pas se contenter de solutions de facilité mais aussi le mimétisme.tout indique que ce pouvoir est mal placé pour mener une réforme de cet envergure;il ne sait resoudre rien.tout ce qu'il entreprend est voué à l'echec.il reussit une seule chose:LA FAILLITE.
    une réforme s'impose surement,ca conçerne la bonne gestion du pays mais conçérne aussi des etres humains avant tout.
    y a une maniére de faire les choses,pas de maniére psychopathique comme semble le faire en ce moment ceux qui nous font office de gouvernants.

    Rapporter abbas ifrene mardi 11 octobre 2016 13:41
  • Ils sont habitues ces larbins a donner des chiffres et fuir.10 millions ans le secteur de l'etat pour 2.1 million de retraites

    Rapporter jair57 mardi 11 octobre 2016 11:44
  • "c’est justement, ce déterminant démographique qui doit être pris en compte lors de la fixation de l’âge de départ à la retraite": réflexion bureaucratique type découlant d'une vision rentière.
    L'âge de la retraite ne doit pas être calculé pour assurer les équilibres de la CNR, mais pour assurer une meilleure harmonie sociale: ceux qui sont très jeunes vont à l'école, ceux qui sont valides travaillent, ceux qui sont moins valides travaillent moins, dans une logique de solidarité qui ne tue pas la solidarité.
    La retraite proportionnelle et celle sans conditions, c'est des gens en pleine force de l'âge qui partent en retraite pour travailler ailleurs, ou des gens qui quittent la scène active alors qu'ils sont en pleine possession de leurs moyens.
    La revendication des enseignants pour une retraite après 25 années de travail est un summum du ridicule. Un prof de lycée retraité à l'âge de 50 ans! Et en plus, ça se dit de gauche...

    Rapporter Abed Charef mardi 11 octobre 2016 09:13
  • Il a raison pour l'essentiel, mais pourquoi les syndicalistes n'agissent pas pour obliger les entrepreneurs à déclarer leurs travailleurs? Tout simplement parce que la plupart des "entreprises" sont des employeurs d'une seule personne qui cotise, peut-être , à la CASNOS.
    Que fait la caisse de recouvrement de la sécurité sociale? Que font les contrôleurs?
    D'autre part les salaires du secteur ont explosé, Sonatrach n'a pas évolué au même rythme!!! Savez-vous qu'il y a des cadres de la sécurité sociale qui partent à la retraite avec des primes de départ de plusieurs centaines de millions?La mauvaise gestion, la gabegie et les privilèges sont de nature à transformer ce secteur social en niches de ponctions sur les cotisations des travailleurs.
    Les pouvoirs publics sont responsables .

    Rapporter Larbi lundi 10 octobre 2016 17:51
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