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Mardi, 23 Mai 2017

  •   Oxford Business Group
  • vendredi 30 septembre 2016 10:43

Maroc - Réforme et privatisation pour stimuler les transactions boursières (OGB)


Dans l’optique de stimuler son marché des capitaux, le gouvernement marocain a ouvert fin juin 40 % du capital de la Société d’Exploitation des Ports, plus connue sous le nom de Marsa Maroc, sur la Bourse des valeurs de Casablanca (BVC).


Créée en 2006, Marsa Maroc agit comme gestionnaire de terminaux et fournisseur logistique auprès de neuf ports dans le royaume. L’entreprise publique cherche avec cette opération à lever des fonds afin de répondre à des appels d’offres lancés pour la construction de deux nouveaux terminaux au port de Casablanca. Elle vise également à se développer à l’échelle régionale, en Afrique du Nord et de l’Ouest.

Les détails de l’offre

Valorisée à 1,94 milliard de dirhams (177,5 millions d’euros), cette cotation est la plus importante du pays en huit ans. Les investisseurs individuels représentent 600 millions de dirhams (55,2 millions d’euros), soit plus de 30 % du total. Et les investisseurs n’ont pas caché leur intérêt en souscrivant plus de six fois le nombre d’actions disponibles selon la BVC.
Cette introduction en Bourse fait suite à deux opérations très prisées en 2015 : la cotation de 15 % du géant pétrolier Total Maroc en mai, qui avait permis la levée de 716,2 millions de dirhams (65,9 millions d’euros) avec une sursouscription s’élevant à 6,7 fois, et la vente d’actions de l’assureur AFMA à hauteur de 180 millions de dirhams (16,6 millions d’euros) en décembre, sursouscrites 7 fois.
La cotation de Marsa Maroc, en plus de démontrer l’appétit des investisseurs pour la vente d’actions au Maroc, marque la première privatisation de l’Etat marocain par le biais de la Bourse, laissant ainsi présager aux observateurs d’autres opérations similaires à venir.

Automatisation de la Bourse et gains d’efficacité

Cette mise à la vente intervient dans une volonté d’améliorer l’efficacité de la Bourse et d’encourager les cotations et les produits proposés sur la place marocaine.
La BVC a vu sa capitalisation augmenter régulièrement au cours des dernières années, à mesure que de nouveaux produits et des réformes structurelles ont été lancés, ce qui a permis de développer les cotations et d’appuyer les mesures prises par les autorités pour faire du Maroc la porte d’entrée financière vers la région dans son ensemble.
Néanmoins, la performance des introductions en Bourse a été quelque peu mitigée : dans les années qui ont suivi la crise financière de 2008-09, leur nombre a quelque peu diminué au Maroc. La Bourse a connu 10 cotations en 2006 et 10 en 2007, puis 5 en 2008. Par contre, entre 2009 et 2015, la moyenne annuelle est tombée à tout juste 1,4, à l’instar des tendances observées sur plusieurs marchés limitrophes du continent africain.
Début août, la BVC a lancé un nouveau programme informatique intégré de cotation et de surveillance afin d’améliorer l’automatisation et l’efficacité opérationnelle. Il est constitué de deux solutions : Millennium Exchange pour le volet négociation de titres et produits de taux et change, et Millennium Surveillance pour surveiller les cotations et détecter tout comportement suspect. Il devrait également faciliter la cotation de nouveaux produits, tels que les Exchange traded funds (ETF).
Cette nouvelle plateforme resserre les liens entre la BVC et le London Stock Exchange Group (LSEG), qui avait précédemment travaillé aux côtés des autorités marocaines pour améliorer les technologies appliquées au registre central des transactions de marché et encourager la cotation en Bourse des petites et moyennes entreprises (PME).
En juillet 2015, les deux partenaires avaient signé un accord pour le lancement du programme Elite de la LSEG au Maroc. Déjà mise en place au Royaume-Uni et en Italie, cette initiative aide les PME à fort potentiel de croissance à accéder à un financement à long terme, y compris par le biais des marchés des actions.
Depuis son lancement en avril, la BVC a recensé 12 entreprises éligibles au programme. Hicham Elalamy, directeur de la nouvelle Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), a déclaré à OBG que près de la moitié des entreprises participantes devraient entrer en Bourse.
« Afin d’améliorer les liquidités, il est nécessaire d’avoir plus d’introductions en Bourse et plus d’investisseurs », a-t-il indiqué.
Les mesures visant à stimuler les introductions en Bourse ont porté fruit au cours du premier semestre 2016. Le Moroccan All Shares Index de la BVC avait grimpé de 12 % en un an en septembre, atteignant près de 10 000 points.
La capitalisation boursière suit la même pente ascendante. On dénombre aujourd’hui 75 entreprises cotées sur la BVC pour une capitalisation globale de 506 milliards de dirhams (46,7 milliards d’euros), ce qui reste néanmoins inférieur au niveau observé avant la crise financière.

Les réformes sur les marchés des capitaux

L’opération séduction s’inscrit dans un contexte plus global de réforme des marchés des capitaux pour améliorer la transparence et les liquidités.
L’autorité de réglementation a fait place à l’AMMC créée en février. Auparavant, le Conseil Déontologique des Valeurs Mobilières (CDVM) était en charge de la réglementation du marché.
La plus grande différence entre l’AMMC et le CDVM tient probablement à son indépendance vis-à-vis du gouvernement. Si le CDVM dépendait du ministre de l’Economie et des Finances, la nouvelle autorité est dirigée par un responsable non gouvernemental nommé par le Cabinet.
De plus, contrairement au CDVM, le périmètre d’action de l’AMMC ne couvrira pas les sanctions aux entreprises contrevenant aux réglementations en vigueur sur le marché. C’est un nouveau collège qui s’en chargera, lui permettant ainsi de concentrer ses ressources sur la surveillance.
D’autres réformes législatives, approuvées par la chambre basse du parlement fin juin, verront la création de deux nouveaux marchés, l’un dédié aux PME, et l’autre aux fonds d’investissement collectifs, tels que les ETF et les fonds de placement en immobilier.


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