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Jeudi, 19 Octobre 2017

  •   Karim Sabeur
  • lundi 3 juillet 2017 19:39

Algérie: L'activité du secteur des assurances plonge sérieusement en 2017 (-7,8%)

 

  Les alertes sur le risque systémique qui pèse sur la solvabilité des compagnies d’assurance ont connu un tournant préoccupant au premier trimestre 2017 selon les chiffres du Conseil national des assurances (CNA).

 

 La note de conjoncture du Conseil national des assurances fait ressortir que le marché des assurances a réalisé au premier trimestre 2017 une production de 36,3 milliards de DA (y compris les acceptations internationales), soit une baisse de 7,9 % par rapport à la même période de 2016.

Lors des trois premiers mois de l’année, le chiffre d'affaires réalisé par les assurances dommages s'élève à 32,5 milliards de DA, soit une baisse de 8,6% par rapport au premier trimestre 2016 et une part de marché de 91,3%. Ces résultats confirment les résultats mitigés du secteur qui se suivent depuis 2015 mettant fin à un cycle de croissance à deux chiffres.

 L’analyse par branche fait ressortir que l’automobile a enregistré une baisse de 5,8 % alors qu’elle constitue la principale branche du marché dommages avec une part de 60,19%. Elle enregistre un montant de de 19,8 milliards soit une baisse de 5,8% comparativement à la même période de 2016. Dans cette même branche, les garanties obligatoires baissent de 7,7% alors qu’elles détiennent 16,2% du portefeuille automobile.

 Même si les données de 2017 sont encore provisoires, ils sont suffisamment éloquents pour attirer l’attention des acteurs du marché pour ne pas sombrer davantage dans les mauvais résultats.

 Seules les assurances de personnes sont bien positionnées actuellement pour sauver ce qui peut l’être car selon la note de conjoncture même la branche Incendie et Risques divers (IRD) connait une baisse de 14,7% et occupe 57,6% de la branche. En matière de recul de production, l’assurance catastrophes naturelles (-8,9%) et la responsabilité civile (-15%) enregistrent aussi des contre-performances.

 

 Seule l’assurance aux crédits surnage

 

La sous-branche « autres dommages aux biens » enregistre une petite hausse de plus de 1%. Il faut aussi regarder du côté de l’assurance transport pour percevoir une autre hausse de 3% engendrée par les transports ferroviaires contrairement au transport se contentant de 0,5%.

 L’assurance « crédit » fait mieux avec une hausse de 30,9 % ce qui n’est pas le cas pour la branche agricole en baisse de 23,4% suite à la révision à la baisse des primes. Les principales décroissances concernent les sous-branches « production animale » et «multirisques engins et matériel enregistrant chacune une baisse de plus de 30%.

 En ce qui concerne l’analyse du chiffre d'affaires par structure du marché, il en ressort que l’assurance automobile augmente de 1,8 points.  Pour le chapitre « parts de marché», le poids des sociétés de l'assurance dommage à capitaux privés s’élève à 27% avec 8,9 milliards DA de chiffres d’affaires. Le reste, soit les trois quarts, étant concentré entre les mains du secteur public et du secteur mixte.

 L’assurance des personnes ne peut pas contrebalancer

 Du côté des huit compagnies d’assurances des personnes (AP), la branche a enregistré plus de 3 milliards DA. On doit mentionner que le leader, TALA, filiale de la CAAT, enregistre à lui seul, deux milliards DA, le reste étant partagé par les autres compagnies.

 En queue de peloton, certaines informations citent le nouveau venu, l’Algérienne Vie, Le Mutualiste et CAARAMA. Ce qui rets à confirmer par des sources officielles. Même si c’est encore loin des 36,3 milliards de DA de la branche dommages, les AP montrent de bons signes croissance.

 La prévoyance collective avec (-37%) a freiné la tendance à la croissance des autres branches, ce qui a induit ne baisse de seulement 0,5 % des AP par rapport à la même période de 2016. La capitalisation est toujours au point mort mais les autres branches (Vie décès, accident, maladie, assistance) cartonnent.

 Pour le chapitre « parts de marché», le poids des sociétés de l'assurance AP à capitaux privés s’élève à 28,7% avec 887 millions DA de chiffres d’affaires. 

Après toutes ces données, il est établi que des fragilités encore plus grandes sont relevées. Ainsi, le montant des stocks des sinistres à payer est de 69,5 milliards au premier trimestre, soit le double de la production. 14 milliards ont été pays avec une baisse de 10%. Même avec ces contre-performances, les compagnies continuent d’afficher des bénéfices. Mais est-ce là le seul paradoxe ?


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