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A la lecture de l'interview de Mr Boumediene Derkaoui, consacrée à la gestion des entreprises publiques, Je ne peux que m'inscrire en faux pour les raisons suivantes:

Tout d'abord, l'entreprise publique algérienne (en voie de disparition), n'est pas dans le marché et ne l'a jamais été, en ce sens qu'elle n'y est pas assujettie, c'est-à-dire soumise aux lois du marché, sinon elle aurait disparu depuis longtemps. Elle se situe encore à ce jour, en dehors de la sphère marchande.

La finalité de l'entreprise publique algérienne, qui ne réside point dans la recherche du profit, répond à la vocation actuelle de l'Etat algérien qui est celle d'assurer la paix sociale.
La vocation, romantique, première de l'Etat algérien à l'indépendance, constituant le fondement de sa politique et qui consistait en la socialisation des biens économiques en vue de répondre dans une logique socialiste à la satisfaction des besoins sociaux et au développement économique et social à disparu.

L'entreprise publique, est à présent plutôt appelée à concrétiser la politique de l'Etat à travers sa volonté à se concilier la population, à acheter la paix sociale.
L'entreprise publique instrument docile entre les mains de l'Etat a donc pour rôle actuel d'assurer une production de biens et de services accessibles au plus grand nombre, dans l'espace et dans le temps (à travers les prix, notamment) et ce, dans la phase actuelle d'insertion à la division internationale et de privatisation irréversible.
L'Etat reste encore à ce jour le premier employeur de la sphère économique, assurant une distribution des salaires au plus grand nombre.
L'Etat est enfin, celui qui finance les investissements et assure même le refinancement du cycle d'exploitation vu le déséquilibre chronique de la structure financière des entreprises publiques.

L'Etat qui donne ses deniers est en droit de s'assurer que ceux-ci sont bien utilisés, à travers les institutions de contrôle dont il dispose et ce, d'autant plus que les organes de gestion et de contrôle mis en place (Conseil d'Administration et Commissariat au compte) ne sont pas en mesure d'assurer leur mission, de façon juste et courageuse pour la simple raison que le lien de propriété s'est fortement distendu et ce, à la suite des bouleversements sociaux, politiques et idéologiques intervenus, aux crises successives survenues ainsi qu'au mode de désengagement de l'Etat de la sphère économique, qui fait plutôt de l'entreprise publique un lieu de partage de la rente et d'enrichissement.
La question fondamentale n'est pas dans le désengagement de l'Etat, qui est nécessaire, universelle et irréversible mais dans la transparence qui est mise pour ce faire et dans le timing.
L'Etat doit au contraire, s'atteler fermement à sortir définitivement du marché, en veillant à en assurer le contrôle.
Continuer à défendre cette vraie fausse idée de sauver les entreprises publiques, à contre courant du bon sens économique, cela relève de l'insensé.
S'engager dans des combats d'arrière garde, n'abuse plus personne, surtout pas le peuple, cela fait un bail qu'il n'y croit plus.