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Vendredi, 18 Août 2017

  •   Amar INGRACHEN
  • mercredi 9 août 2017 15:41

Comment le gouvernement algérien a condamné l’industrie automobile à l’asphyxie

 

L’industrie automobile, présentée comme locomotive d’un long processus d’industrialisation,  prend davantage l’allure d’une farce  que d’un quelconque projet sérieux.  Les approximations disputent la vedette aux incohérences et le manque de vision rivalise tristement avec des caprices politiques prétendument révolutionnaires. Le feuilleton risque d’être long.

 La taille des usines de montages les condamne à faire du SKD ou à fermer

Renault Algérie est une usine qui été conçue pour le montage de 150 000 véhicules/an.  Pour le moment, elle produit la moyenne de 30 000 véhicules/an. Dans l’accord conclu entre les deux partenaires, la mise en place de cette usine est scindée en trois phases : le montage, la tôlerie-peinture-cataphorèse et l’emboutissage.

Dans la première, qui dure trois ans, on fait du montage en SKD. Autrement dit, on ramène la coque des véhicules toute faite et on fait le montage des pièces qui vont avec. Pour l’heure,  contrairement à ce qui se dit, et Renault, et les autres  constructeurs, Hyundai, Volkswagen, Mercedes, Iveco  ne font que cette opération.

 

Mokhtar Chahboub, ex=DG de SNVI: un diagnostic réaliste sans complaisance Mokhtar Chahboub, ex=DG de SNVI: un diagnostic réaliste sans complaisance

 

« L’attribution du numéro de série des véhicules se fait dans la phase tôlerie-peinture (cataphorèse). Or,  chez nous, les coques arrivent avec un numéro de série étranger, soudées et peintes. Il faut dire que ces véhicules n’ont pas de carte d’identité algérienne », nous affirme Mokhtar  Chahboub, ingénieur en industrie mécanique et ex-PDG de la SNVI. 

Une question se pose : ces usines vont-elles passer à la phase tôlerie-peinture (cataphorèse)?  « Renault Algérie va entrer dans la deuxième phase  très prochainement », a annoncé le directeur des opérations du groupe chargé de la région Moyen-Orient Nord Afrique, Bernard Cambier, lors de la rencontre à Oran au mois d’avril dernier.

Pour le moment, rien n’est fait dans ce sens et, dans les conditions actuelles, il est impossible d’y arriver. « D’abord, pour amortir l’investissement dans la phase tôlerie-peinture-cataphorèse, il faut produire entre 150 000 et 200 000 véhicules/an. Ensuite, la mise en place des équipements nécessaires pour cette phase coûte environs 160  millions d’euros », nous explique également M. Chahboub.

Or, pour l’’heure, le première usine, Renault, espère atteindre, au mieux, 60 000 véhicules/an, ce qui la place dans l’impossibilité de s’engager dans la phase tôlerie-peinture-cataphorèse, ce sans quoi elle risque de travailler à perte.

Qu’en est-il des autres usines, notamment Hyundai qui prévoit de produire 20 000 unités/an d’ici 2019 et Sovac qui compte produire 17 000 unités/an ? La réponse est sans appel : aucune des usines de montage automobiles ne peut faire de la tôlerie-peinture-cataphorèse dans les conditions actuelles. Autrement dit, la taille de ces  usines de montages les condamne à faire du SKD seulement ou à fermer.

L’emboutissage localement : une opération impossible

Dans le nouveau cahier des charges  relatif aux industries de montage automobiles que le ministère de l’Industrie est en train d’élaborer, il est écrit, nous assure une source très proche du dossier, que « l’emboutissage sera exigés des usines dés le démarrage alors que, dans l’ancien cahier des charges, cette opération est prévue comme troisième phase, soit après  cinq d’activité ».

Or, l’emboutissage n’est pas un choix banal à faire mais « une activité essentielle dans l’industrie automobile » qui, plus est, est très complexe.

« L’emboutissage est une activité essentielle dans l’industrie automobile. Elle nécessite de gros moyens. Pour amortir les matrices à emboutir, il faut produire 500 000 unités.  Or, au rythme où avancent les choses en ce moment, 500 000 unités ne peuvent pas être produites avant dix ans, ce qui représente une perte sèche pour les investisseurs. Ceci sans oublier l’impact qu’une telle situation peut avoir sur la qualité des produits et leur évolution puisqu’il n’est pas possible de changer les matrices d’emboutissage avant de les amortir », affirme encore M. Chahboub.

Quand on sait que Renault Algérie, qui produit depuis 2014, n’a la possibilité ni de faire de la tôlerie-peinture-cataphorèse, ni de l’emboutissage dans les conditions actuelles, il est aisé de parier sur la fermeture de toutes les usines de montages, à moins que, pour sauver son « honneur » vis-à-vis de ses partenaires, l’Etat algérien décide de subventionner le secteur en payant les déficits que ces deux activités peuvent engendrer aux usines en questions.

C’est dire que le développement du taux d’intégration des véhicules montés en Algérie tant chanté par Mahdjoub Bedda est une chose belle à écouter mais pas nécessairement faisable.

Plusieurs marques en même temps : le grand piège

Le discours sur le lancement de l’industrie automobile, présenté comme secteur stratégique par les pouvoirs publics, a suscité un grand intérêt chez plusieurs constructeurs à travers le monde, notamment en France, en Allemagne, en Italie et en Corée du sud.

Des pourparlers ont été engagés entre plusieurs partenaires et, quelques années après, ceux-ci se sont soldés par l’installation de Renault en Algérie et l’ouverture d’usines de montage de véhicules Mercedes, Hyundai et Iveco en Algérie, Fiat ayant hésité au départ avant d’exprimer récemment  sa volonté de venir.

Toutefois, dans cette bousculade, une exception est à retenir : Hyundai. En effet, le PDG du groupe a déclaré, nous rapporte une source présente lors d’une rencontre officielle tenue à Alger en 2010, que « Hyundai n’investira pas en Algérie en deçà de 350 000 unité/an avec une nette garantie de protéger le marché local »

Cette information, pour banale, qu’elle paraisse, est évocatrice de tout le drame de l’industrie automobile naissante en Algérie. «  Pour qu’une usine de montage fasse de la tôlerie-peinture-cataphorèse et de l’emboutissage localement et soit rentable, elle doit produire au minimum, dans un premier temps, 150 000 unités/an avant d’atteindre la moyenne de 350 000 unités/an après une période de 5 ans aux maximum. Les capacités d’absorption de notre marché sont limitées, soit la moyenne de 300 000 véhicules/an. 

Par conséquent,  pour qu’une usine d’une capacité de 350 000 unités/an soit viable chez nous, elle doit destiner une bonne partie de sa production à l’exportation ou être protégée localement de la concurrence des autres marques à travers l’institution de taxes importantes sur les véhicules importés.  Mais chez nous, le secteur a été ouvert à plusieurs marques en même temps, dans la précipitation, ce qui fait que le marché local se trouve saturé et n’offre ainsi la possibilité à aucune marque de se développer  et ne leur laisse finalement qu’un seul choix objectif : l’exportation. Mais l’exportation est loin d’être une mince affaire, » assure Mokhtar Chahboub.  

 Déduction: les usines de montages ne peuvent survivre, dans la situation actuelle, que si elles continuent à faire du SKD, autrement dit de « l’importation déguisée ».

La planche du salut

Pour sauver l’industrie automobile, le ministre de l’Industrie, Mahdjoub Bedda, compte agir sur un seul paradigme : mettre fin aux « importations déguisées ». Il veut, à vrai dire, augmenter le taux d’intégration des véhicules montés en Algérie.  L’intention est bonne. Reste la faisabilité.

Compte tenu de la notion d’économie d’échelle, l’intégration souhaitée, notamment  la prise en charge locale de la tôlerie-peinture-cataphorèse et de l’emboutissage ne sont possibles que dans des conditions qui ne sont pas réunies actuellement et que l’existence de plusieurs marques sur le marché algérien rend improbables.

« Dans les conditions présentes, le seule issue qui reste au Gouvernement pour sauver le secteur est, d’une part, de procéder à la fermeture des petites usines de montage et de ne laisser que deux ou trois marques sur le marché local, renégocier les contrats avec les partenaires étrangers pour aller vers des usines de taille importante et qui peuvent aller vers plus d’intégration, instituer des taxes importantes sur les véhicules importées pour protéger le marché local et aller vers la mise en place d’un système intégrée pour assurer localement les phases tôlerie-peinture-cataphorèse et emboutissage tout en développant un tissu de sous-traitant pour les autres pièces et accessoires », recommande M. Chahboub en précisant que l’ouverture d’une usine d’emboutissage en Algérie, « on va assurer, entre autres, un débouché pour la future usine de production de tôle d’emboutissage de Bellara ».


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9 Commentaires

  • Une chose est sûre,les gens qui ont consu le cahier de charge relatif à cette industrie automobile n'ont rien à voir avec cette branche..
    Il s'agit de simples trabendistes.
    Nous n'attendons aucune leçon de ces,soit disant experts qui ont
    Toujours cautionné la faillite de cette fameuse industrie.

    Rapporter Bouneffa vendredi 11 août 2017 19:33
  • je ne peux que dire "quelle pagaille"

    Rapporter ramdani jeudi 10 août 2017 19:36
  • le pays est devenu depuis les annees 1999 une grande braderie ou rien de durable et de sérieux n a été réalisé si ce n est que pour siphonner ses ressources et l émergence politico économique d une oligarchie mafieuse, qui fait actuellement l actualité donnant l apparence que le pays est livre a lui meme et ou en haut lieu la diffusion d instructions par un organe prive incite a croire que c est l anarchie et une lutte sourde pour le fauteuil vacant depuis la maladie invalidante de son titulaire absent effectivement du paysage politique.quel rôle doivent jouer les sénateurs et deputes censés d épauler et contrôler l exécutif et veiller a la securite du pays et de ses citoyens,rien si ce n est qu ils occupent le fauteuil pour le prestige et les avantages matériels alors que l atmosphère actuelle largement polluée par une coalition contre nature et coups bas des oligarques nous font craindre le pire pour ce pays encore traumatise par les affres des décennies noires.

    Rapporter elhadj jeudi 10 août 2017 08:52
  • @LAigle,
    Vous avez vérifié vos dires avant ?

    Cet article détaille bien le nombre d'immatriculations neuves ces dernières années: http://www.maghrebemergent.com/actualite/maghrebine/63435-algerie-le-parc-automobile-compte-plus-de-5-6-millions-de-vehicules-a-fin-2015-ons.html

    On voit bien qu'avant l'instauration des licences d'importation, le marché absorbait bien une moyenne de 300000 nouveaux véhicules par an.

    Quant au crédit automobile, des banques privées continuent de le proposer.

    Finalement, on n'est pas prêt d'avoir une vraie industrie automobile en Algérie.

    Rapporter pixies mercredi 9 août 2017 23:43
  • Ex-Directeur de la SNVI ???? elle était ou votre compétence jadis monsieur ???
    Tout le monde sais que la SNVI était coulée exprès au profit des Import-Importateur... Donc vos avis monsieur ,,,vous les gardez pour vous !

    Rapporter Zak1978zak mercredi 9 août 2017 21:43
  • La focalisation de la presse sur la question de l'industrie de l'automobile et les ambitions qu'ils veulent coller à ce secteur me paraissent insensées; et ce, au regard d'une économie largement extravertie, en proie depuis plusieurs décennies à une désindustrialisation accélérée ( en fait depuis la fin de la période de Boumedienne) où actuellement la branche industrielle ne représente plus que 5% du PIB et au point où notre économie est devenue un bazar, ne le saviez vous pas?
    Pour une économie qui n'arrive même pas à se constituer un tant soit peu une filière intégrée du textile ou encore même de l'agro industrie etc. vouloir créer une industrie automobile comme par magie, relève de l'infantilisme. bref c'est du roman fiction.

    Si l'industrie de l'automobile essentiellement française s'est installée au Maroc, cela n'est pas pour son marché qui est encore plus petit que celui de l'Algérie, puisque la quasi-totalité des automobiles construits est réexportée, c'est qu'en vérité le Maroc présente plus d'attractivité en matière d'investissement tant sur le plan politique, technique qu'économique. Le Maroc s'insérant d'avantage dans la division internationale du travail.
    Est-ce que cela est un gage de développement du Maroc? Est-ce que cette greffe de l'industrie de l'automobile va entraîner un transfert technologique? j'en doute;

    Le développement de l'économie qui présuppose une volonté politique solide, est un tout et subordonne une planification rigoureuse recherchant une croissance équilibrée et intégrée des branches.

    Rapporter rachid khouya mercredi 9 août 2017 21:03
  • On vous présente Mr Chaaboub comme un expert.
    Votre passage a la direction de la SNVI n'est pas une référence car on sait comment les hauts postes sont attribués.
    Le seul fait que vous avez dit que les capacités d absorption sont de 300 mille véhicules par an vous disqualifie.
    Garantissons la disponibilité immédiate des véhicules et généralisez le crédit automobile et vous verrez que les capacités d'absorption dépasseront allègrement les 3 Millions d'unités par AN.
    Votre Avis est l Avis d un bureaucrate gâté par le pouvoir et qui ne connait que des bribes relevés sur des articles de presse et de contributions d'experts " intéressés".

    Rapporter lAigle mercredi 9 août 2017 18:44
  • En faite, le vrai problème est à peine esquissé: la taille du marché Algérien. L'expert l'estime à 300.000 mais il oublie de dire qu'il est fortement subventionné. Par la parité du Dinar à l'importation de voitures finies ou en Skd, des pièces détachés et surtout par le prix des carburants. Rien n'indique qu'une fois Bouteflika mort on ne reviendrait pas à une économie plus réaliste et donc le marché Algérien réel doit être environ de moitié, ce qui n'inciterait aucun constructeur de s'installer en Algérie pour de tels volumes.
    Pour l'hypothétique exportation, elle est à oublier. En plus de la bureaucratie Algérienne et la productivité des travailleurs Algériens, les investisseurs étrangers connaissent l'instabilité juridique et la réputation que Bouteflika et Ouyahia ont donné à l'Algérie où on change selon le fait du prince et tout le temps les lois et même, comble de l'horreur pour les étrangers, rétroactivement.
    Les constructeurs automobiles lisent eux aussi le doing buisness.

    Rapporter Bouloulou mercredi 9 août 2017 17:45
  • Comment a t'on pu en arriver là ? Encore une preuve manifeste de l'incompétence de nos politiciens de pacotille et ceux qui les conseillent.

    Rapporter Klek Klek mercredi 9 août 2017 17:28
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