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Mardi, 21 Novembre 2017

  •   Hassan Haddouche
  • dimanche 19 mars 2017 15:51

Assises de la microentreprise : Sellal veut aider les jeunes entrepreneurs à "gagner de l’argent"

 

 

Les campagnes électorale se suivent et se ressemblent. "Nous n'allons pas vous donner de l'argent, nous allons juste vous aider à gagner de l'argent par vous-mêmes" a déclaré, dimanche 19 mars 2017, M.Abdelmalek Sellal, devant un parterre de jeunes entrepreneurs réunis à l'occasion des premières Assises nationales sur la microentreprise.

 

 

Plus de 1000 jeunes entrepreneurs venus des différentes régions du pays ont pris  part à ces assises organisées par la Fédération nationale des jeunes entrepreneurs sous le haut patronage du président de la République, en présence du secrétaire général de l'Union générale des travailleurs algériens (UGTA), Abdelmadjid Sidi Saïd, et des membres du Gouvernement.

 L'Etat "continuera d'apporter son aide aux porteurs de projets et de renforcer les capacités des petites entreprises notamment celles activant dans les secteurs à haute valeur ajoutée ou ceux s'inscrivant dans la chaine de valeur mondiale à l'instar des technologies de l'information et de la communication, de l'industrie mécanique et l'agro-alimentaire", a indiqué M. Sellal dans son allocution à l'ouverture des assises placées sous le slogan de "Les petites entreprises, un outil de diversification et de développement de l'économie nationale".

Il a précisé à ce propos, qu'"une orientation qualitative a été enregistrée vers les projets à caractère tertiaire et industriel après arrêt du financement des activités non productives", soulignant que le Président Bouteflika "n’a eu de cesse d’appeler les jeunes à œuvrer au développement et à la promotion de l'économie nationale".

Last but not least, afin d'encourager ces jeunes entrepreneurs, le premier ministre  a également annoncé un rééchelonnement du remboursement des crédits contractés par ces entreprises pour résoudre leurs problèmes en terme de liquidités

 La micro entreprise entre l’économique et le social

 A l’occasion de ces assises organisées à Ain Benian , Abdelmalek Sellal tente ainsi sans doute, ,à 45 jours des prochaines élections législatives,  de donner un contenu "plus économique que social"  à son discours sur la micro entreprise et de corriger l’impression laissée par des interventions plus anciennes .

 On se souvient sans doute du petit vent de panique que les déclarations prêtées à M.Sellal pendant la dernière campagne présidentielle avaient fait souffler sur le petit monde de la micro entreprise.  Des déclarations, largement reprises par les médias nationaux, qui invitaient en gros, dans le climat survolté des meetings de la campagne, les bénéficiaires des prêts Ansej à un remboursement "facultatif". M.Sellal avait trouvé "normal" que certains bénéficiaires utilisent les prêts Ansej pour "financer les dépenses de leur mariage ".

 Il avait même, toujours selon les médias nationaux, invité ses interlocuteurs à exhiber ses déclarations dans le cas où ces derniers seraient convoqués par un juge !  Inutile de dire que les gestionnaires de l’Ansej ainsi que les banquiers publics, qui sont également en première ligne dans le financement d’un dispositif qui mobilise au cours des dernières années des ressources financières considérables, n’ont apprécié que très modérément la sortie du directeur de campagne du président élu.

 En fait, on est sans doute toujours  face à un vrai décalage de perception entre des "politiques" qui conçoivent essentiellement, même s’ils s’en défendent officiellement, la micro entreprise , particulièrement dans sa version "de masse" la plus récente, comme une variante du "traitement social du chômage"  et les gestionnaires de ces  dispositifs gouvernementaux  qui tentent, avec plus ou moins de succès, de leur donner une crédibilité économique .

 

Une réduction générale de la voilure  

 Au cours des dernières années, l’Etat n’a pas lésiné sur les moyens, surtout financiers, pour favoriser la création d’entreprises par les jeunes porteurs de projets. Il est incontestable en particulier que les dispositifs en faveur de la micro entreprise ont rencontré un succès important. 

 La "démocratisation" de l’accès aux crédits d’une agence comme l’Ansej est certainement l’un des aspects les plus frappants des évolutions à la fois économiques et sociales des dernières années. Rien que pour cette dernière, ce sont déjà, selon des chiffres communiqués en 2016, plus de 350 000 microentreprises et environ 900 000 emplois qui ont été créés depuis 1997.

 Les déclarations très "volontaristes" du premier ministre devant les jeunes entrepreneurs réunis à Ain Benian ne peuvent cependant pas masquer les évolutions récentes imposées au dispositif en faveur de la micro entreprise par les pouvoirs publics. Elles participent clairement en réalité d’un processus de réduction générale de la voilure.

 La première de ces évolutions concerne les effectifs des bénéficiaires. Après un pic de plus de 60 000 dossiers agréés en 2012, ce sont 41 000 micro entreprises Ansej qui ont été créées en 2014 et seulement un peu moins de 24 000 en 2015 selon les chiffres communiqués à la presse par DG de l’Agence .Aucun bilan n’est encore disponible pour 2016. 

 Une décision annoncée en octobre 2016 s’inscrit dans la même tendance. Elle concernait le gel des financements de l’Ansej pour une liste de 64 secteurs d’activité. Les responsables de l’agence avaient fait part à cette occasion de "nouvelles orientations concernant les activités à financer", affirmant que l'Ansej vise "la promotion des entreprises créatrices d’emplois et la réduction du chômage".

 Ces orientations visent à encourager la création de projets innovants comme dans le domaine des TIC et les start-up, avaient-ils indiqué confirmant ainsi les évolutions "qualitatives" du dispositif évoqué ce dimanche par M.Sellal .

 

 Première tentative de traitement des impayés

 

Une autre évolution toute récente vise à s’attaquer spécifiquement aux problèmes de remboursement rencontrés par les bénéficiaires. En se gardant bien de révéler un chiffre sur la taille du problème auquel font face les pouvoirs publics, le ministre des Finance avait déjà annoncé en février dernier, ce que M Sellal a réitéré aujourd’hui,  que les jeunes porteurs des projets en difficulté financière, relevant de l' ANSEJ, pourront désormais  bénéficier d'un rééchelonnement de leur dette bancaire.


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2 Commentaires

  • "gagner de l'argent
    voilà le savoir faire de fakakir

    Rapporter fakakir lundi 20 mars 2017 08:37
  • Il y a tant à dire sur les jeunes entrepreneurs dont les profils, les itinéraires et la qualité sont aussi diversifiés que les spécificités régionales de ce pays continent qu'est l''Algérie!
    Ce n'est pas la première tentative de fédérer les associations ou les groupes de jeunes entrepreneurs dans une organisation d'envergure nationale.
    Mais les interférences politiques ont eu raison de la volonté de ceux qui avaient sentis qu'"unis et solidaires", les jeunes entrepreneurs pourraient avoir plus de poids pour réaliser leurs projets et surtout se libérer des tentacules bureaucratiques et des prédateurs qui les ponctionnent ( au niveau de l'achat des équipements, de l'obtention des marchés, etc..).
    Si ces assises nationales pour la création de l'ANJE (association nationale des jeunes entrepreneurs) sont à saluer, il faut craindre que cette association ne contracte une maladie infantile qui va lui coûter cher voire la rendre impotente pour les années qui viennent.
    Pourquoi cette prédiction pessimiste ?
    Pour la simple raison que la création d'une association qui réunit les entrepreneurs est une affaire de la société civile. Autrement dit, plus le gouvernement garde ses distances, plus elle aura de chances de remplir la mission pour laquelle elle est constituée c'est à dire promouvoir les intérêts matériels et moraux de ses adhérents et surtout améliorer les conditions cadre de l'activité des nouvelles entreprises dirigées par jeunes qu'elles soient ou non soutenues par l'état.
    A ce stade néonatal et dans le contexte des élections législatives imminentes, l’immixtion du gouvernement fait d'emblée de cette organisation un enjeu électoral que se disputeront les partis (concurrents) de la majorité. Toutes les ficelles seront utilisées pour qu'émerge une direction prête à prendre une posture de "client" d'un des courants dominants au niveau du pouvoir.
    A nouveau, comme pour les "syndicats maison", cette association va se satelliser et devenir une courroie du système c'est à dire qu'elle représentera les vues du gouvernement auprès des jeunes entrepreneurs au lieu d'être l'émanation des jeunes entrepreneurs auprès des pouvoirs publics et de la société.
    On ne construit pas une association de ce type en commençant par son "toit" - une direction nationale- mais par ses fondations avec une approche participative qui va de la base au sommet et non du sommet vers la base!!!
    Que nous apprend l'expérience internationale en matière de création d'entreprises notamment dirigées par des jeunes? Ont ils réussis parce qu'elles étaient soutenues par l'état? Ou bien parce que les conditions de création, de transmission et de dissolution, d'entreprises étaient facilitées, les structures qui fournissent les services aux entreprises professionnalisées et les banques de véritables partenaires et non point de simples guichets pour "tamponner" des dossiers après moult contrôles tatillons et décaisser des crédits?
    En période d'abondance, "on" a même autorisé (toléré) que les crédits ANSEJ servent à financer les mariages. En période de vaches maigres, va-t-"on" exiger l'abstinence?

    Tant que l'entrepreneuriat établi, celui qui a une puissance potentielle pour inonder le marché national et exporter des biens et des services fait face à d'innombrables et inexplicables "bâtons dans les roues" parce qu'il défend d'abord ses intérêts et non pas ceux du parrain ou du Prince, il parait illusoire de vouloir convaincre la société et en particulier les investisseurs de la sincérité des proclamations officielles ... qui seront oubliés dès que les caméras auront quittés les enceintes où elles ont été prononcées et qui n'engageront que ceux qui y ont crues.
    Le potentiel de richesses dont dispose l'Algérie, la capacité entrepreneuriale de sa jeunesse instruite peuvent créer bien plus de 45000 emplois salariés par an comme cité dans l'article par M. Haddouche...Chaque année, c'est presque dix fois (400 à 500 mille) jeunes qui entrent dans le marché du travail à la recherche d'opportunités économiques pour se procurer des revenus et s'insérer dans la vie active comme créateur de valeur-ajoutée.
    Pour que les entreprises dirigées par des jeunes puissent se créer, se développer et gagner de l'argent en contre-partie des valeurs qu'elles apportent et des impôts qu'elles versent, ils faut libérer les porteurs de projets du double fléau que représentent les bureaucrates d'un côté et les informels de l'autre. Ces deux fléaux s'alimentent car beaucoup d'entrepreneurs se retrouvent dans l'informel en raison des tracasseries bureaucratiques et des ponctions infondées auxquelles ils font face.
    La première urgence est de mettre en place un organe indépendant de Médiation, qui puisse intervenir, y compris en accédant au plus haut niveau, lorsque des dépassements sont signalés dans n'importe quelles régions du pays et secteur.
    La seconde urgence est de faciliter l'acte d'investissement pour ceux qui activent dans l'économie numérique afin d'accroître l'offre de service en matière de formation qualifiante dans tous les domaines en particulier ceux qui ont un rapport direct ou indirect avec les entreprises de production de biens et de services. Si un tel effort est fait, on peut attendre qu'en moins de trois ans, le Label Qualité "made In Algéria" obtienne un reconnaissance de tous les clients, qu'ils soient des nationaux ou des étrangers. De plus, les outils numériques vont permettre de développer le travail à distance, d’accélérer les échanges sans avoir à subir le calvaire des embouteillages et le diktat des "coupeurs de routes nationales", d'économiser du temps et du carburant...In fine, ce sera une augmentation de la productivité et de la performance. Le capital qui sera épargné pourrait être réinvesti élargissant ainsi les bases de l'accumulation de la production et du savoir, ce qui permettrait d'engager un processus d'innovation en profondeur et aboutira à créer de nouveaux produits algériens qui ne pourront pas être concurrencés ou qui le seront difficilement.
    Pour illustrer mon propos, un exemple: une architecte algérienne développe depuis des années des idées pour renouer avec les constructions à partir de l'argile et de la terre. C'est une tendance mondiale qui s'impose d'elle même grâce à la minorité convaincue qu'il faut réagir tant qu'il est encore temps pour se protéger des impacts du changement climatiques en réduisant les émissions de GES. Un énorme chantier attend les innovateurs algériens dans le domaine de la construction et de l"habitat. Il reste à se retrousser les manches et à faire carburer leurs méninges pour retrouver les techniques appropriées à un usage de ces matériaux pour qu'ils répondent aux exigences de la modernité (économie, durabilité, sécurité, confort, etc.). Ce seront des millions de dollars d'économisés, des millions de personnes logées et des espaces de production, de vente, de formation ou de loisirs mis à la disposition des populations ..à condition de se départir du mimétisme socioculturel qui a rendu notre société mentalement dépendante des modèles pensés ailleurs.
    Devrions nous faire une Révolution Culturelle pour nous en sortir? Il faut le croire...Et les jeunes entrepreneurs, dans tous les domaines économique, social culturel et scientifique devront en être le fer de lance!
    Il suffit de le décider de s'y engager.

    Rapporter LAHLOU dimanche 19 mars 2017 18:36
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