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Vendredi, 24 Novembre 2017

  •   Interview réalisée part Amar Ingrachen
  • lundi 11 septembre 2017 15:40

Algérie : "Trop tard pour débattre de la planche à billets, urgent de parler des vraies réformes" (Lies Kerrar)

 

 Il est trop tard pour débattre du recours à la planche à billet, mais il est urgent de parler en détail des vraies réformes et de leur mise en œuvre, estime Lies Kerrar, expert financier et président de Humilis Finance.

 Le gouvernement vient d’entériner la décision de réformer la loi sur le crédit et la monnaie pour recourir à la planche à billets afin de «  financer le déficit du budget de l’état,  financer la dette publique interne, et  allouer des ressources au Fond National d’Investissement ». Est-ce que cette démarche est économiquement  soutenable ?

 En septembre 2017, c’est un peu tard pour réfléchir ou débattre de cela. Il y a un an était déposée au parlement la loi de finance 2017 avec des déficits sans sources de financement connues.  Le recours à la création monétaire est la conséquence arithmétique de cela.

 Certains économiste est financiers considèrent que le recours à la planches à billets est une « solution de facilité » qui risque de générer des dérives graves des finances publique en  dépouillant notamment la Banque d’Algérie de sa prérogative de lutte  contre l’inflation qui est sa principale mission.  Quels sont, selon vous, les risques que peut générer cette démarche ?

 Il n y a pas de risque au sens que le terme « risque » se réfère à de l’incertitude. Dans notre cas, on a la certitude, compte tenu des données actuelles, qu’on devrait s’attendre à de l’inflation.

 Pour parer au déficit budgétaire auquel fait face le pays, y a-t-il, selon vous, une alternative à la planche à billets ?

 Non, à moins de recourir à de la dette extérieure, ce qui n est pas une bonne chose quand il s’agit de financer du déficit budgétaire plutôt que financer des investissements générateurs de dollars ou euros. Reste la possibilité de lever la dette localement. Mais pour cela il faut un certain niveau d’effort à faire pour communiquer un plan de réformes crédible, et du savoir-faire dans la mise en œuvre, sans résultats garantis à court terme. Or, il semble qu’il s’agit là de financer des déficits déjà budgétisés pour cette année. 

 Mais au delà, ce qui est important, c’est de mettre en œuvre sans délai de véritables et profondes réformes. C’est des réformes et de leur mise en œuvre  dont on devrait parler en détail. C’est de perspectives concrètes dont nous avons besoin pour que les acteurs économiques aient confiance et entreprennent.

 

 


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5 Commentaires

  • Contre la fuite en avant de la planche la vraie solution au train de vie de l'etat est la consolidation budgetaire et surtout pas celle definie par le predecesseur de Baba ammi. Il y va de la survie de l'etat. Donc a toute vapeur dans la transparente collecte de l'impot et le sain financement de l'investissement public par le developpement des metiers de la finance et comptabilite.

    Rapporter ahmed saadi lundi 18 septembre 2017 15:57
  • Helas, c'est aussi trop tard pour les réformes. On ne peut pas reconstruire avant l'après pétrole ce qu'on a détruit en 20 ans.
    D'autant plus que la destruction a pour objectif de nous plonger dans une crise energétique et financière grave.

    Rapporter commentaire mardi 12 septembre 2017 12:27
  • Dans le monde libre, les choses sont simples.
    Un parti politique ne peut donner que ce qu’il a par analogie à . . .
    Donc dans le monde libre, pour changer comme pour s’engager dans des reformes politiques, on ne peut le faire réellement qu’une fois requis par d’autres partis politiques s’ils en ont les moyens, institutionnels, légaux, pécuniers, etc. Et s’ils ont été élus pour cela. Si ceux-ci sont faibles, divergents, le pays en paye le prix.
    Le parti(s) qui dans une situation asymétrique, avait régné et ne pouvait jusqu’à présent faire mieux même d’un point de vue logistique, fait que l’Algérie vit aujourd’hui des conséquences de ses choix politiques d’il ya plus de 50 ans et de cet esprit toujours prédominant de vouloir antagoniser tout et tout le monde, à la fois.
    Et si un expert émet une opinion qui n’est pas à propos, en dehors des normes et valeurs internationales, cela pourrait faire boule de neige et dévier le sens du dialogue. L’Algérie est hors normes ; cela se sait dans le monde entier et cela a un prix. Le pays n’attire pas les entrepreneurs et même si l’on arrive à le faire, tout investisseur avant de s’aventurer, consulte mille et une petite agences avec pignon sur rue qui l’abreuvent de données qui elles l’obligent a malheureusement majorer ses prix et évidemment les taux d’intérêts. En peu de mots, ce parti au gouvernail coute au pays. Peut-on vraiment faire dans cette conjoncture mieux ou plutôt moins onéreux que la planche à billets ?

    Rapporter Faro Laz mardi 12 septembre 2017 11:10
  • le terme confiance est lache!!!! SEULES DES REFORMES POLITIQUES PROFONDES PEUVENT REDONNER CONFIANCE AUX MARCHES ET EN PREMIER LIEU UNE JUSTICE INDEPENDANTES UNE AUTONOMIE DES INSTITUTIONS Y COMPRIS DE LA BANQUE CENTRALES....L ALGERIE PEUT SE RELEVER A CES SEULES CONDITIONS....LE PROBLEME POSE EST SIMPLE; preserver le systeme ou sauver le pays....

    Rapporter AMAR MOKHNACHE lundi 11 septembre 2017 21:47
  • Est-ce que la clique au pouvoir est-elle capable de"mettre en œuvre sans délai de véritables et profondes réformes" ? Personnellement j'en doute .Ceux qui ont bloqué toutes les réformes quand le pétrole coulait à flots,sont-ils crédibles pour mener des réformes ?Les réformes structurelles sont incompatibles avec la nature rentier et despotique du régime en place.Des réformes sans un Etat de droit, un minimum démocratique et une bonne gouvernance sont vouées à l'échec recommencé.Aucun changement n'est possible sans rupture avec ce système périmé d'un autre âge.

    Rapporter AKSIL lundi 11 septembre 2017 19:44
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