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Samedi, 29 Avril 2017

  •   Dr Abderrahmane Mebtoul
  • samedi 4 mars 2017 17:21

La sphère informelle ou la problématique de la dérégulation de l’économie algérienne (analyse)

La sphère informelle contrôle  plus de 40% de la masse monétaire en circulation et 70% des segments de produits  de première nécessité.

 

Le  ministère du Commerce vient encore une fois de confier au PNUD une nouvelle étude  sur la sphère informelle qui représenterait 45% de la superficie économique.  L’extension  de la  sphère informelle est le  produit  des  dysfonctionnements des appareils de l’Etat et de la bureaucratie centrale et locale. Elle contrôle  plus de 40% de la masse monétaire en circulation et 70% des segments de produits  de première nécessité. Cette sphère  utilise des   billets de banques  au lieu  de la monnaie scripturale (chèques) ou électronique   faute  de confiance,  existant des situations  soit  de monopole ou d’oligopoles au niveau de cette sphère  avec des liens entre certaines  sphères et la logique rentière.   Je me propose dans cette contribution d’analyser  le fondement de la sphère informelle en Algérie qui a  un impact  sur la régulation économique et sociale globale.

1. Comment définir  la sphère informelle ?

Le concept de «secteur informel» apparaît pour définir toute la partie de l’économie qui n’est pas réglementée par des normes légales. En marge de la législation sociale et fiscale, elle a souvent  échappé  à la Comptabilité Nationale et donc à toute régulation de l’État, encore que récemment à l’aide de sondages, elle tend  à être prise en compte dans les calculs  du taux de croissance et du taux de chômage. Il y a lieu de différencier  la sphère informelle productive qui crée de la valeur de la sphère marchande spéculative qui réalise un transfert de valeur. L’économie informelle est donc  souvent qualifiée de  « parallèle », « souterraine », « marché noir » et  tout cela renvoie au caractère dualiste  de l’économie, une sphère qui travaille dans le cadre du droit  et une autre sphère qui travaille  dans un cadre de non droit, étant entendu que le droit est défini par les pouvoirs publics en place. Pour les économistes, qui doivent éviter le juridisme, dans chacune de ces cas de figure  nous assistons à des logiques différentes  tant pour  la formation du salaire et du  rapport salarial, du crédit et du taux d’intérêt qui  renvoient à la nature du régime monétaire dualiste. La formation des prix et des profits dépendent dans une large mesure de la forme de la concurrence sur les différents marchés, la différenciation du taux de change officiel et celui du marché parallèle, de leur rapport  avec l’environnement international ( la sphère informelle  étant en Algérie mieux insérée au marché mondial que la sphère réelle)   et en dernier lieu leur rapport à la fiscalité qui conditionne la nature des dépenses et recettes publiques, en fait par rapport à l’Etat, le paiement de l’impôt direct  étant un signe d’une plus grande citoyenneté, les impôts indirects étant injuste par définition puisque étant supportés par tous les citoyens riches ou pauvres. Aussi, l’économie informelle  est réglée par des normes  et des prescriptions qui déterminent les droits et les obligations de ses agents économiques  ainsi que les procédures  en cas de conflits ayant sa propre logique de fonctionnement qui ne sont pas ceux de l’Etat, nous  retrouvant  devant  un pluralisme institutionnel/juridique contredisant le droit traditionnel enseigné aux étudiants  d’une vision moniste du droit.. En fait, pour une analyse objective et opérationnelle, on ne peut  isoler  l’analyse de la sphère informelle du mode de régulation mis en place c'est-à-dire des institutions et en Algérie.  L’extension de  la sphère informelle est proportionnelle au poids de la bureaucratie qui tend à fonctionner non pour l’économie et le citoyen mais  en s’autonomisant en tant que pouvoir bureaucratique. Dans ce cadre, il serait intéressant d’analyser   les tendances et des  mécanismes de structuration et restructuration de la société et notamment  des zones urbaines, sub -urbaines et rurales  face  à la réalité économique et sociale des initiatives informelles qui émergent impulsant  une forme de régulation sociale. Cela permettrait  de comprendre  que  face  aux difficultés quotidiennes, le dynamisme de la population s’exprime dans le développement des initiatives économiques informelles  pour survivre, ou améliorer le bien-être, surtout en période de crise notamment pour l’insertion sociale et professionnelle de ceux qui sont exclus des circuits traditionnels de l’économie publique ou de la sphère de l’entreprise privée.

2.- Quelles  méthodes de calcul pour mesurer le montant de  la sphère informelle

 Plusieurs approches peuvent être utilisées pour évaluer l’activité dans le secteur informel. Là ou les approches choisies dépendront des objectifs poursuivis, qui peuvent être très simples, comme obtenir des informations sur l’évolution du nombre et des caractéristiques des personnes impliquées dans le secteur informel, ou plus complexes, comme obtenir des informations détaillées sur les caractéristiques des entreprises impliquées, les principales activités exercées, le nombre de salariés, la génération de revenus ou les biens d’équipement. Le choix de la méthode de mesure dépend des exigences en termes de données, de l’organisation du système statistique, des ressources financières et humaines disponibles et des besoins des utilisateurs, en particulier les décideurs politiques participant à la prise de décisions économiques. Nous avons l’approche directe ou microéconomique fondée sur des données d'enquêtes elles-mêmes basées sur des réponses volontaires, de contrôle fiscal ou de questionnaires concernant tant les ménages que les entreprises. Elle peut aussi être basée sur la différence entre l'impôt sur le revenu et le revenu mesuré par des contrôles sélectifs. Nous avons l’approche indirecte ou macroéconomique basée sur l'écart dans les statistiques officielles entre la production et la consommation enregistrée. On peut ainsi avoir recours au calcul des écarts au niveau du PIB (via la production, les revenus, les dépenses ou les trois), de l'emploi, du contrôle fiscal, de la consommation d'électricité et de l'approche monétaire. Les méthodes directes sont de nature microéconomique et basées sur des enquêtes ou sur les résultats des contrôles fiscaux utilisés pour estimer l’activité économique totale et ses composantes officielles et non officielles. Les méthodes indirectes sont de nature macroéconomique et combinent différentes variables économiques et un ensemble d’hypothèses pour produire des estimations de l’activité économique. Elles sont basées sur l’hypothèse selon laquelle les opérations dissimulées utilisent uniquement des espèces ; ainsi, en estimant la quantité d’argent en circulation, puis en retirant les incitations qui poussent les agents à agir dans l’informalité (en général les impôts), on devrait obtenir une bonne approximation de l’argent utilisé pour les activités informelles. Les méthodes basées sur les facteurs physiques utilisent les divergences entre la consommation d’électricité et le PIB. Cette méthode a ses limites car elle se fonde sur l’hypothèse d’un coefficient d’utilisation constant par unité du PIB qui ne tient pas compte des progrès technologiques. Enfin, nous avons l’approche par modélisation développée par Frey et Weck et approfondie par Laurent Gilles, qui consiste à utiliser le modèle des multiples indicateurs - multiples causes (MIMIC) pour estimer l'indice de l'économie informelle. Cette approche présuppose l'existence de plusieurs propagateurs de l'économie informelle incluant la lourdeur de la réglementation gouvernementale et l'attitude sociétale envers la bonne gouvernance. En fait, pour une analyse objective et opérationnelle, on ne peut isoler l'analyse de la sphère informelle du mode de régulation mis en place c'est-à-dire des institutions et en Algérie.

3 –Quelle  est le poids  et l’évolution de la sphère informelle en Algérie (1)?

Les plus grosses fortunes en Algérie ne sont pas forcément dans la sphère réelle mais au niveau de la sphère informelle notamment marchande avec une intermédiation informelle à des taux d’usure. Ici existe des données contradictoires, le Premier ministre a annoncé  37 milliards de dollars et l’ex  ministre des Finances dans plusieurs déclarations publiques  entre 40/50 milliards de dollars. Selon Deborah Harold, enseignante américaine de sciences politiques à l’université de Philadelphie et spécialiste de l’Algérie, se basant sur des données de la banque d’Algérie, l’économie informelle brasserait 40/50 % de la masse monétaire en circulation soit 62,5 milliards de dollars soit plus de quatre fois le chiffre d’affaires de toutes les grandes entreprises du FCE réunies. Ces données sont corroborées par un document du Ministère du commerce algérien de 2012 pour qui existeraient 12.000 sociétés écrans avec une transaction qui avoisinerait 51 milliards d’euros au cours  soit 49 milliards de dollars au cours de 2016. Cela explique que les  dernières mesures tant des chèques que de l’obligation de déposer l’argent de la sphère informelle obligatoirement au niveau des banques algériennes qui sont actuellement de simples guichets administratifs, ignorant le fonctionnement de la société algérienne ont eu un impact très limité renvoyant toujours à la confiance et au fonctionnement global  de la société. Dans ce cadre, nous   avons deux périodes , la période, la première pouvant aller jusqu’en 1963/1987 , première crise pétrolière,  avec la gestion administrative centralisée qui avait consacré le système de l’État-providence prônant le plein emploi par le moyen de sureffectifs dans les entreprises publiques et les administrations pour acheter, du moins temporairement, la paix sociale  date de la crise où les recettes des hydrocarbures se sont  effondrés  ayant assisté  sous la pression des évènements extérieurs  à des réformes timides. Ensuite   la période de 1986 à nos jours avec le point culminant de 1994 date du rééchelonnement et de l’ajustement structurel, étant  toujours dans cette interminable  transition ni économie de marché concurrentielle, ni économie administrée expliquant d’ailleurs les difficultés de la régulation politique, sociale et économique.  Durant la première période,  l’Etat fixe les prix, les salaires, le taux d’intérêt, le taux de change d’une manière administrative Pour preuve on distribue des bénéfices même aux unités déficitaires et nous avons un quasi monopole sur toutes les activités.. Comme conséquence des politiques de cette période et cela n’est pas propre à l’Algérie, les pays de l’ex camp communiste ont connu le même phénomène, nous assistons à l’extension de la sphère informelle où nous avons  le prix fixé  par l’Etat bas  dont bénéficient une minorité qui devant également la rareté de l’offre nous trouvons ces mêmes marchandises sur le marché parallèle  au prix du marché donnant des rentes de situation  à une frange de monopoleurs issus du secteur d’Etat. Sur le plan externe  les trafics  aux frontières profitent de cette distorsion de prix  et également sur le marché de la devise, pénalisant en dernier lieu le budget de l’Etat algérien. Pour la secondé période non achevée, de 197/2017 les entreprises publiques subissent des “plans sociaux’’ qui se traduisent par des dégraissages massifs, et l’enjeu à l’avenir qui entre 2017/2020 sera plus douloureux  est l’ajustement social   de  la fonction publique. Cette période  est  caractérisée par une  la libération des prix et la levée du monopole de l’Etat sur le commerce extérieur qui expliquent pour beaucoup les changements qui ont lieu dans l’économie informelle,  changements sans la mise en place de nouveaux mécanismes de régulation dans la mesure où en économie de marché la fonction de l’Etat régulateur est stratégique. Ce qui explique que l’ouverture anarchique  avec une tendance du passage d’un monopole d’Etat à un monopole privé  beaucoup plus néfaste a donné lieu à de nouvelles pratiques informelles. Déjà avec la consécration de la convertibilité commerciale du dinar en 1994, les sociétés d’import-export avaient  commencé à connaître une prolifération, la majeure  partie  de ces sociétés ayant été créées soit  par des détenteurs de capitaux ou par d’anciens cadres  du secteur public en quête de placements à gains à très court terme. Faute d’institutions solides s’adaptant à la nouvelle situation, car le contrôle s’avère de peu d’efficacité (sinon il faudrait une armée de contrôleurs avec des coûts faramineux),  nous assistons à  une multiplication des petites activités informelles se concentrant surtout dans le petit commerce et les services, comme mode de survie dans un marché de l'emploi en crise. A cet aspect, se sont greffés la fraude fiscale, la  corruption et les détournements des fonds publics.

4– La sphère informelle et la politique socio-économique 

La lutte contre la sphère informelle   implique   avant tout l’efficacité des institutions et une moralisation de la pratique  des structures de l’Etat eux mêmes au plus haut niveau, niveau de dépenses en contradiction avec les pratiques sociales malgré des discours moralisateurs,  avec cette montée de la paupérisation qui crée une névrose collective. C’’est seulement quand l’Etat  est droit est qu’il peut devenir un Etat  de droit  Quant à l’Etat de droit, ce n’est pas un Etat fonctionnaire qui gère un consensus de conjoncture ou une duplicité provisoire, mais un Etat  fonctionnel qui fonde son autorité à partir d’une certaine philosophie du droit d’une part, d’autre part par une assimilation consciente des besoins présents de la communauté et d’une vision future de ses perspectives.   Dans ce cadre, la sphère informelle en Algérie est favorisée par  l’instabilité juridique et le  manque de visibilité de la politique socio-économique. Les entrepreneurs  qu’ils soient  nationaux ou étrangers demandent seulement à voir clair, du moins ceux  qui misent sur le moyen et long terme  (investissement inducteurs de valeur ajoutée contrairement à l’importation solution de facilité). Or ils  sont totalement désemparés  face  aux changements périodiques du cadre juridique  ce  qui risque  de faire fuir le peu de capitaux surtout  en cette période de crise qui montre  le rapatriement  massif vers les pays d’origine et orienter les nationaux vers la sphère informelle. Que nos responsables visitent   les sites où fleurit l’informel  de  l’Est à l’Ouest, du Nord au Sud  et ils verront  que l’on peut lever des milliards de centimes  à des taux d’usure mais avec des hypothèques car existe une intermédiation financière informelle. Les mesures autoritaires bureaucratiques  produisent l’effet inverse  et   lorsqu’un gouvernement agit administrativement et loin des mécanismes transparents et de la concertation social,  la société enfante ses propres règles pour fonctionner  qui ont valeur de droit puisque reposant sur un  contrat entre les citoyens, s’éloignant ainsi des règles que le pouvoir veut imposer : exemple les transactions  aux niveaux des frontières  pour contourner les myopies des bureaucraties locales, agissant sur les distorsions des prix et des taux de change  et  le droit coutumier dans les transactions immobilières.  On ne peut isoler la sphère réelle de la sphère monétaire, le cours du dinar sur le marché  parallèle en ce mois de mars  2017  dépasse 187 dinars un euro  dont avec la crise mondiale l’épargne de l’émigration ayant été affectée (diminution de l’offre) n’explique pas tout, l’explication essentielle étant le grossissement de la sphère informelle (accroissement également de la demande).  Le constat est donc amer, pour les petites bourses, en  l’absence de mécanismes de régulation et de contrôle, les prix des produits de large consommation connaissent, comme de coutume, notamment à la veille de chaque fête des augmentations sans précédent, les discours gouvernementaux  et  les organisations censés sensibiliser les commerçants  ayant peu d’impacts, prêchant dans le désert, les lois économiques étant insensibles aux slogans politiques. Un grand nombre d’intermédiaires entre le producteur et le consommateur  (agriculture et industries tant pour la production locale que pour les importations) prend des marges non proportionnelles  aux services rendus  ce qui fait que le contrôle sur le détaillant ne s’attaque pas à l’essentiel. Or, la sphère informelle  contrôle quatre segments-clefs : celui des fruits et légumes, de la viande, celui du poisson pour les marchandises locales et pour l’importation, le textile – chaussures ayant un impact  sur  le  pouvoir d’achat de la majorité des citoyens  devant analyser les liens entre  l’accumulation, la structuration du modèle de  consommation  et la répartition des revenus par couches sociales, enquêtes inexistantes en Algérie,

5  -Poser les liens  entre  la sphère informelle  et la gouvernance

La construction d’un Etat de  Droit est  inséparable de l’instauration d’une véritable économie productive reposant sur l’entreprise créatrice de richesses ce, afin de pouvoir favoriser une saine concurrence et attirer les flux d’investissement nécessaires pour une croissance durable, Il  ne suffit pas de crier sur les toits que cette sphère ne paye pas les impôts. Il faut  expliquer les raisons de son  existence et de son extension et surtout les actions à mener pour son intégration, dans la mesure où   la sphère informelle n’est pas le produit historique du hasard mais trouve son essence dans les dysfonctionnements de l’Etat  et ce, à travers toutes les sphères, n’étant que la résultante  du poids de la bureaucratie et du trop d’Etat au sein d’une économie et du blocage des réformes. Aussi,  les obstacles ou la rapidité de la construction d’un Etat de droit et d’une véritable économie de marché concurrentielle qui fait que cette sphère diminue ou s’étend. Cela  pose d’ailleurs la problématique de la construction de l’Etat et ses nouvelles missions en économie de marché. C’est faute d’une compréhension l’insérant dans le cadre de la dynamique sociale et historique  que certains  reposent leurs actions sur des mesures seulement pénales.la taxent de tous les maux, paradoxalement par ceux mêmes qui permettent  son extension en freinant les réformes. Cela ne concerne pas uniquement les catégories économiques mais d’autres segments difficilement quantifiables. Ainsi, la rumeur est  le système d’information  informel par excellence, accentué en Algérie par la tradition de la voie orale, rumeur qui peut être destructrice  mais  n’étant que la traduction de la faiblesse de la démocratisation du système économique et politique, donnant d’ailleurs du pouvoir  à ceux qui contrôlent l’information. L’utilisation de divers actes administratifs de l’Etat à des prix administrés du fait des relations de clientèles transitent également par ce marché grâce au poids de la bureaucratie qui trouve sa puissance par l’extension de cette sphère informelle. Cela pose d’ailleurs la problématique des subventions qui ne profitent pas toujours aux plus défavorisées (parce généralisables à toutes les couches) rendant opaques la gestion de certaines entreprises publiques et nécessitant  à l’avenir que ces subventions soient prises en charges non plus par les entreprises mais budgétisées au niveau du parlement pour plus de transparence. Toute analyse objective de la  sphère informelle  et de  l’inflation, la facilité de certains responsables étant d’imputer  cela  à l’inflation importée alors pourquoi au moment où le taux d’inflation mondial  tenant vers zéro, n’ya t-il pas  répercussion de cette baisse,  doit partir d’une analyse globale, des mécanismes de régulation internes largement influencés par la  régulation  de l’économie mondiale , l’économie algérienne étant une économie totalement rentière  exportant 98% en hydrocarbures brut et semi bruts  et important 75% de ses besoins  de l’étranger. Les méthodologies de calculs  valables dans une économie structurée, comme j’ai eu à le démonter depuis des  années,  donnent des résultats biaisés, d’où les taux officiels de  l’inflation de chômage. 

En résumé, il y  a un lien inversement proportionnel entre l’avancée des réformes structurelles qui seules peuvent intégrer la sphère informelle et l’évolution du cours des hydrocarbures, réformes ralenties paradoxalement lors que le cours est en hausse alors que cela devrait être le contraire si l’on veut préparer l’ère hors hydrocarbures. La  dominance de la sphère informelle  dont l’essence revoie au mode de gouvernance et à l’incohérence de la politique socio-économique  explique  que des mesures bureaucratiques. 

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(*) Docteur Abderrahmane MEBTOUL Professeur  d’Université –en management stratégique - Expert International

(1)Voir étude du professeur Abderrahmane Mebtoul « Essence de la sphère informelle au Maghreb et comment l’intégrer à la sphère réelle » Institut Français des Relations Internationales – IFRI- (Paris- Bruxelles décembre 2013--60 pages).

-Intervention  du docteur Abderrahmane MEBTOUL Unesco/ l’African Training  Research  Centre  in Administration Development  8 février 2010  en présence   de plus d’une dizaine de Ministres et secrétaire d’ Etat  africains  et des directeurs généraux et  représentants de la majorité de s Etats africains, ainsi que des missions diplomatiques et institutions un séminaire international sur la bonne gouvernance en Afrique « vers une nouvelle gouvernance des services publics et des institutions de l’Etat en Afrique  face aux nouvelles mutations mondiales ».Ronéotypé CAFRAD /UNESCO avril 2010.


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1 Commentaire

  • Merci Professeur, pour ce cours magistral.
    Ce matin, un quotidien algérien http://www.elwatan.com/economie/l-informel-la-gangrene-04-03-2017-340478_111.php dans son article sur ce qui est libellée comme économie informelle a résumé son article comme ci-dessous.
    « Les chiffres de l’ONS sur l’économie informelle donnent le vertige. Son poids représente près de la moitié de l’économie du pays. Ayant tissé sa toile dans les secteurs d’activité les plus en vue (commerce et services, BTP, activités manufacturières), l’informel a fini par gangréner de larges pans de notre économie. Que faire ? »
    Je suis désolé que l’auteur de l’article confondant économie libre avec économie souterraine semble étonné de constater que cette économie informelle, ‘illégale et nocive’ est de l’ordre de 45% du produit national brut (PNB) du pays.
    Cet auteur décrit cette économie informelle sans distinction aucune comme un mal qui ‘gangrène’ et qui a été jusqu’ici sous-évalué par toutes les précédentes estimations, tant officielles qu’officieuses. Il ajoute que l’enquête de l’ONS balaie tout, de la valeur des montants de la monnaie fiduciaire en circulation dans les réseaux invisibles, à la valeur des transactions sans facturation en passant par la taille supposée du marché informel des devises.
    Comme vous pouvez le constater, on en est toujours là et en cette occasion je voudrais avec tout le respect, rappeler qu’avant l’avènement de la notion de capitalisme à peu près toutes les économies organisées au sein d’états légitimes étaient de fait dirigées. Sans la mise en œuvre pratique du capitalisme, il serait difficile d’imaginer un avantage aussi significatif de ce mode de répartition des ressources. Une économie basée sur le marché est hyper efficace tandis qu’une économie dirigée a beaucoup de difficultés pour exploiter les changements du marché. Il y a en plus beaucoup plus de transparence au sein des économies libres qu’avec les économies de commandement central. Les économies dirigées ne donnent que l’illusion de contrôle alors que le capitalisme n’étant certainement pas sans problèmes au sujet de la répartition équitable des ressources est bien supérieur à l’économie de l’État dirigiste.
    Je reviens à l’article cité en haut, pour constater qu’on semble avoir beaucoup de mal à adopter ce que vous avez toujours préconisé dans vos nombreuse contributions, à savoir des reformes structurelles profondes afin de sortir le pays de ce cycle infernal et permettre cette mutation de l’économie de l’Algérie vers une économie libre et aidée par des autorités centrales, régionales et locales dans leur rôle de régulateur, d’arbitre et protecteur du faible et du vulnérable. Cette économie informelle n’est d’après moi que l’expression dynamique d’un peuple libre qui ne se soumet pas aux dictats. Imaginons maintenant que cette formidable énergie était non seulement libre mais encouragée par les autorités, le système bancaire et le reste des structures du pays. Moi en toute humilité, je dirais que les revenus des hydrocarbures ne seraient qu’une cerise sur le gateau et non pas le gâteau. Encore une fois merci pour tout ce que vous faites pour le pays.

    Rapporter Faro Laz dimanche 5 mars 2017 12:47
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