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Mardi, 28 Mars 2017

  •   Aissa Manseur (*)
  • lundi 27 février 2017 06:31

Pourquoi l’option des mégaprojets agricoles dans le sud de l’Algérie est néfaste (Opinion)

 L'Arabie saoudite a renoncé à produire du blé qui ne fournit que 20% de son alimentation mais consommait 80% de son eau - Wikipedia

 

Pourquoi l'idée de lancer des méga-projets agricoles dans le sud de l'Algérie est néfaste et sans lendemain? Aissa Manseur, en citant l'exemple de l'Arabie saoudite mais également du Complexe agroalimentaire du Sud (CAAS) d'Adrar, l'explique dans cette contribution.

 

 

La nouvelle politique agricole en Algérie s’articule sur la création de méga-projets  de plus de 10 000 ha dans le sud, des sociétés entre des nationaux et des partenaires étrangers ont été créés et des projet sont déjà en cours de réalisation, une surface de 600 000 ha est réservée à ces projets qui seront orientés essentiellement vers  la production de céréales , la pomme de terre et le lait

C’est l’agrobusiness, le modèle qui a été adopté en premier lieu, en Amérique latine, un modèle qui se veut ‘’capitaliste et commercial ’’ par excellence, dont le gain est le seul but recherché sans lésiner sur les moyens à mettre en œuvre et sans se soucier des répercussions qui peuvent être engendrées.

Théoriquement les chiffres qu’avancent les concepteurs de ces projets en terme de production et de création d’emplois nous font sans aucun doute ‘’tourner la tête’’, séduire et nous promettent encore le paradis !

 Quel sera le sort des petits exploitants agricoles et de l’agriculture paysanne en général ?  Quels seront les effets sur les ressources hydriques souterraines et sur l’environnement ? Notre agriculture s’articule autour de petits exploitants, de petits éleveurs, de petites et moyennes exploitations, en dépit d’une politique agricole défaillante et des difficultés rencontrées sur terrains, cette agriculture a pu assurer une certaine autosuffisance en plusieurs produits notamment maraichers.

 

Ces mégaprojets porteront surement et sans aucun doute un coup des plus durs à notre agriculture, Le marché sera contrôlé totalement par ces gros propriétaires terriens y compris l’exportation, on passera alors à une autre forme de spéculation et on aura à faire a des spéculateurs ‘’nouvelle version’’ !  

 Les petits agriculteurs ne peuvent tenir longtemps face à la rude concurrence déloyale à laquelle seront confrontés et peuvent abandonner ou alors céder leurs terres à ces nouveaux ‘’maitres’’ et seront alors contraint de rentrer   dans ‘’le gouffre’’ du chômage avec toutes les repussions sociales négatives qui en découlent.

 

Des réserves hydriques à protéger

 

 La création des mégaprojets agricoles dans le sud, et vu les contraintes du climat et du sol, exige l’utilisation abusive de l’eau ce qui pèse lourdement sur les réserves hydriques souterraines, nous n’avons aucun droit d’épuiser ces réserves qui appartiennent à toutes les générations futures

 Le souci du gain et afin de faire face aux charges faramineuses de production, le recours aux OGM (Organismes génétiquement modifiés) est inévitable. Les OGM agricoles sont des plantes à pesticides, c’est à dire, des plantes qui vont, soit produire un insecticide leur permettant de résister à un insecte ravageur, soit qui vont être capable d’absorber un herbicide sans mourir

Il se pose certains problèmes environnementaux avec la culture des OGM qui ne subissent pas les dégâts de l’herbicide, l’agriculteur fait en général moins attention à la dose d’herbicide qu’il va épandre. Il va préférer en mettre plus pour être sûr, étant donné que sa culture sera de toute façon épargnée. Nous avons ainsi dans les gigantesques cultures aux États-Unis par exemple, des agriculteurs qui épandent des pesticides en avion, arrosant toute la surface de pesticides.

 Les OGM font le bonheur des industries semencières qui s’approprient de l’environnement, l’agriculture et le futur de l’alimentation de toutes les générations à venir.  La création de méga-exploitations agricoles a été déjà initiée par plusieurs pays et qui a connu un échec retentissant.

 

 La leçon saoudienne

Durant les années 80, l’Arabie saoudite a opté pour ce modèle pour produire les céréales. On se rappelle bien de ces fameux cercles verts éparpillés dans le désert arabique, trois décennies durant, la production a été satisfaisante, l’autosuffisance en blé a été atteinte et des surplus de production ont été exportés durant plusieurs années à des pays voisins… Mais cette performance n’a pu durer encore, des baisses surprenantes et inquiétantes des niveaux des nappes d’eaux souterraines ont été décelées, les cultures des céréales ont épuisé gravement les réserves souterraines d’eau.

 Une situation alarmante qui amène la monarchie saoudienne à interdire définitivement la culture des céréales, et comme mesure d’urgence, elle fait recours à l’importation pour subvenir aux besoins en ces produits. Actuellement l’Arabie saoudite fait la conquête de terrains agricoles de pays tiers, des ‘’terres porteuses ‘’ pour cultiver les céréales pour sa propre consommation

 La chine a opté également pour les méga-fermes laitières, 56 méga-fermes de 10 000 vaches ont été créées mais avec les difficultés rencontrées notamment  dans la gestion des montagne de fumier, des eaux usées et des déchets, les autorités chinoises change d’approche et optent pour des fermes plus petites de 350 vaches, des fermes facile à construire avec moins de ressources

 

Peut-on réussir là où les autres ont échoué ?

 

Il est nécessaire d’évoquer le cas du  Complexe agroalimentaire du Sud (CAAS), société par action fondée par des promoteurs locaux,  qui avait pour ambition de mettre en valeur 30 000 ha dans la région d’Adrar par la culture de céréales, de cultures industrielles (tomates, betteraves, oléagineux), ainsi que la réalisation d’un complexe agroalimentaire de concentré  et de sauce de tomate dont les équipements ont été fournis par une société Espagnole.

 Les résultats de premières années d’exploitation étaient très encourageants. Durant la saison 2003/2004 les rendements du blé ont dépassé toute prévision ainsi que la tomate dont la production a fait tourner l’usine de transformation. Mais cela n’a pas duré longtemps, quelques années plus tard l’usine a cessé de fonctionner faute de matière première suffisante. Le prix d’achat des céréales n’a pas permis d’amortir les charges faramineuses de production, ainsi en 2007 fut prononcé l’échec de cette première expérience de l’agrobusiness en Algérie.

 

Y a-t-il une autre alternative pour développer notre agriculture ?

 

Des producteurs céréaliers locaux ont franchi le cap des 50 qx à l’hectare, d’où la naissance du club des 50 (ceux qui produisent 50 qx et plus à l’hectare de céréales), des chiffres qui avoisinent les niveaux les plus performants. Des éleveurs de vaches laitières du coté de Ghardaïa ont réalisés des pics de production du lait de 50 l/jour/vache, une performance meilleure que celle annoncée par les concepteurs des méga-fermes laitières.

 

Pourquoi ne pas encourager et accompagner ces deux modèles algériens au lieu de chercher les solutions ailleurs ! Concernant ces deux produits stratégiques qui alourdissent la dépendance alimentaire vis-à-vis de l’étranger et dont l’importation exerce une pression négative sur la balance des paiements du commerce extérieur du pays, c’est le manque de stratégie et de vision des responsables du secteur qui entravent leur développement.

 

La production céréalière est tributaire des précipitations, conduites de façon traditionnelles, ces cultures ne peuvent enregistrer des résultats satisfaisants, 3,5 millions d’ha sont emblavées annuellement dont seulement 200 à 240 000 ha qui sont irrigués. Aucun effort n’est déployé pour accroitre les surfaces irriguées malgré les projections annoncées n’a chaque début de saison

 

Il est plus judicieux de penser à un mégaprojet d’amenée d’eau pour ces zones céréalières qui sont en ‘’manque’’, Irriguer les 3.5 millions d’ha   réservés aux céréales nous conduit inéluctablement a l’autosuffisance et dégager également un surplus très important pour l’exportation ! 

 

Concernant la production laitière, l’élevage des vaches laitières se fait de façon traditionnelle. Il est impératif de produire des fourrages au sein de l’exploitation avec la création de fermes laitières de 200 à 300 vaches et d’organiser la filière du producteur jusqu’au transformateur. La collecte du lait cru auprès des éleveurs revêt une importance capitale, actuellement plus de 60% du lait cru n’est pas collecté et commercialisé par le secteur informel.

 N’ayant pas fourni les efforts nécessaires pour donner à notre agriculture l’essor escompté en dépit des budgets faramineux qui lui sont consacrée, les responsables du secteur veulent nous inculquer l’idée que le développement de l’agriculture est ailleurs. Et qu’elle ne pourra se faire avec la composante actuelle, l’essor de l’agriculture. Bref, selon ces derniers, elle ne pourra se faire qu’avec la réalisation des mégaprojets dans le sud en partenariat avec les firmes étrangères 

 Avec cette nouvelle politique agricole on sera toujours dépendant des étrangers et de surcroit, produisent sur nos terres !! On ne peut en aucun cas être dépendant ‘’éternellement’’ des autres pour satisfaire nos besoins alimentaires.

 Il est impératif de préserver notre agriculture qui s'inscrit dans le concept de développement durable, respectueuse de l’environnement et facteur de préservation du tissu sociale. Un pays comme le nôtre, avec toutes les potentialités qu’il recèle peut relever le défi de l’autosuffisance alimentaire, sans importer aucun modèle et sans calquer aucune expérience, pour peu que la volonté politique se dessine

 

(*) Expert agronome


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10 Commentaires

  • Je veux bien croire l'auteur, mais il n'apporte pas de démonstration de sa thèse. Il faut apporter des éléments sur les coûts de production en valeur et en quantités unitaires pour juger (pour simuler différents prix). Pour quelle raison les séoudiens ont arrêté. Pour quelle raison le projet d'Adrar n'a pas tenu. On reste sur notre faim. La question de la concurrence des exploitations actuelles doit être approfondies. En effet, elle est analogue à la question de la grande distribution et de la distribution traditionnelle. Il s'agirait alors moins d'opter pour un modèle ou un autre, mais plutôt de trouver un équilibre. Dans tous les cas la question de l'eau doit être chiffrée: épuisement de la ressource, prix à appliquer dans un chiffrage, coût de production actuel etc...

    Rapporter ecotechnics jeudi 23 mars 2017 20:26
  • Nous sommes les champions dans le rejet de solution avant de l'avoir essayé. On apprend beaucoup en tentant. Nous parlons économie d'une eau dans le desert que nous n'avons jamais exploité . Si nos eaux sous-terraines ne sont pas exploitées nous les perdrons sans en avoir retiré un quelconque gain ni une quelconque expérience. Les espagnols exploitent un territoire dans le sud de leur pays qui manque d'eau et en retirent des productions agricoles énormes et c'est la meme chose en californie du sud. Nom d'un chien, travaillons un peu et faisons des analyses sur des résultats concrets au lieu de passer notre temps à philosopher sur les choses de la nature que Dieu nous donne. De 1975 à 1977 pendant mon Service National j'étais dans un bureau d'études de l'armée et nous travaillions sur le Barrage vert, un projet que nous, appellés,nous portions dans notre coeur car nous y croyions. Mais l'Etat a abandonné le projet alors qu'il était porteur d'un double objectif: arreter la progression du désert vers le nord et créer un nouveau climat qui encouragerait une forte agriculture(culture et élevage) . Nous n'allons pas encore laisser passer une occasion d'assurer notre autosatisfaction alimentaire. Des résultats apparaissent à El Oued, Ghardaia, Adrar...

    Rapporter DAHMANE Ali mercredi 8 mars 2017 20:33
  • A- ma première note concerne la nécessité de procéder sérieusement au remembrement du tissu foncier agricole déchiqueté par un morcellement dû au système d'héritage galopant, l'individualisation des exploitations agricoles, ont compliqué tout bonnement le travail à moyenne et grande échelle, échelles utiles pour une agriculture évoluée. la disparition de la coopération agricole, l'absence de coopératives polyvalentes de services divers ( privées , publiques) pour la motoculture et autres travaux nécessaires, en un mot la possibilité de mécaniser l'agriculture dans tous ses compartiments, ses segments est rendue impossible par l'état actuel des choses. L'organisation du foncier devra se faire dans un projet de loi foncière qui prodigue le remembrement DOIT GARANTIR le droit à une indemnisation juste à tous les désistements au profit de l'organisme gestionnaire des groupements ou unités de terres agricoles formés dans chaque zone destinée elle-même à une spécificité culturale propre. un zoning intelligent établi selon des critères scientifiques agronomiques déterminant le potentiel de rendement et de qualité optimum des produits agricoles projetés. B- la protection ou la préservation des réserves hydriques souterraines du Sahara est une question d'adaptation des systèmes d'irrigation adéquat et en adéquation avec le rapport volume de la nappe albienne à la superficie du périmètre agricole mis en valeur. Le sol filtrant des nouveaux périmètres doit être traité écologiquement parlant par l'entremise de filets bio-dégradables dans le sol ou le sous-sol selon le besoin de l'enracinement des cultures projetées, la réalisation des brises-vents en 3 ou 4 rangées économiquement rentabilisés, car des haies ou clotures végétales diversifiée doivent constituer les premières actions de mise en valeur : (ex. accacia spinosa en ligne de front contre les courants chauds, cyprès du Tassili, en 2è ligne, grenadier qarès et mouz en 3è ligne, l'olivier ou même l'oléastre en 4è ligne etc.. vous pouvez mettre en 3è ligne du noyer qui monte assez haut. l'espacement entre les rangs des brise-vents doit dépasser les six mètres, les intervalles peuvent être semés en plantes médicinales et en même temps mélifères...), l'installation de l'abeille, auxilliaies infatiguable producteur de richesses et fécondateur des ultures procurera tous les boheurs du monde à la nature en plein dedant... Des apports de matières organiques en quantité suffisantes sont obligatoires car leurre présence ralentie le lessivage vers le fond des éléments majeurs et des oligo-éléments et surtout , ces matières naturelles améliorent la texture des sols ... Le développement des cultures hydroponiques sur un pourcentage à déterminer par apport à la supperficie du périmètre considéré et la taille de l'exploitation devrait constituer un léitmotive obligatoire et immédiat... L'élevage intensif en semi-liberté bovins, camelin, ovins, caprin, avicole = autruche poule et poulet de ferme , aquacole... est un accompagnement obligatoire pour toute exploitation, les matières oganiques dont nous avons besoin nous serons gracieusement fournies ; les fourrages en vert hydroponiques seront produits grâce à l'énergie solaire disponible naturellement et grâcieusement, les graines des fourrages hydrop. peuvent être produites provisoirement au nord en intensif avec irrigation d'appoint, en attendant la mise au point des sols des nouveaux périmètres ... REVENONS à nos plantations nouvelles : le palmier dattier doit retrouver sa souveraineté chez lui, il est chez lui, plantez vos palmiers à 12 m d'intervalle pour placer vos cultures intercalaires dans vos palmeraies : pommiers, poiriers amandiers, pistachiers, grenadiers etc...puis mettez l'intecalaire de l'intercaire càd herbes médicinales herbes aromatiqes à sécher ou pour extraction des huiles essentielles, favorisez la micro-irrigation = vous oublierez vos palmiers en attendant leur entrée en production et vous constaterez que vous réalisez une prouesse de la nature càd que le palmier ayant le besoin d'avoir la "tête" au soleil mais la fraîcheur aux "pieds" est satisfait par l'apport de votre couvert végétal , couvert végétal qui bénéficie de la semi-ombre procurée par les palmiers et la culture arboricole intercalaire... CONCLUSION / UNE SYMBIOSE connue depuis lontemps dans l'agriculture oasienne de nos ancêtres, il suffit d'y repenser ... je voudrai continuer à débattre avec vous sur tous ces sujets de batisseurs, mais je nuencerai en énumérant au passage que l'expérience séoudienne en matière de production de céréales "sous pivots" n'est pas un évènement à prendre en considération dans les récits agraires et les annales agricoles par ce qu'elle n'a tenu compte que du facteur profits espérés et engrangés , le facteur lessivage de terres limono-sableuse n'ayant hélas pas été pris en compte, quand on agit pour le prestige et juste pour le gain rapide et immédiat, les conséquences sont brutales et déçevantes ... Le système de brise-vents améliorés et confortés est absolument vital pour la pérennité de l'agriculture saharienne, les parcelles destinées à la production des céréales et fourrages , maraîchages industriels et autres cultures doivent obéir aux mêmes protections, les filets brise-vents peuvent être utilisés en attendant... L'essentiel est d'éliminer l'open-field à tout vent desséchant, de développer un plan parcellaire fonctionnel comprtant toutes les commodités pour un travail à niveau élevé, le filigrane étant la protection de l'environnement de toute souillure et pollution, tout gaspillage et ... pensez à réaliser des séchoirs solaires pour fruits et légumes , herbes et pollen , fourrages secs, viandes et poissons... dévellopez l'industrie de transformation en solo ou en coopérative.... le filigane vous conduit vers une ferme grandiose à vocation polyculturale, relativement autonome progammant ses productions selon les besoins du marché d'ici ou d'ailleurs; SALUT, AZZUL

    Rapporter rezki khedim samedi 4 mars 2017 21:04
  • Je souscrit honnêtement aux propos de cet expert. J'estime que ces mega-projets ne servent que les intérêts de leurs concepteurs. C'est des projets qui risquent de conduire notre agriculture vers la faillite

    Rapporter mentouri lundi 27 février 2017 18:01
  • PS/ Plus grave encore on a permis l'entrée du loup dans la bergerie ( efhem ya lfahem)

    Rapporter slimane lundi 27 février 2017 12:14
  • Très pertinent dossier !
    Le grand problème, comme toujours, c'est comment faire admettre son contenu à Mr Sellal ?.....Et par conséquent arrêter le désastre avant qu'il ne soit trop tard ?
    La seule voie possible est celle de la pression sur le gouvernement pour qu'il abandonne ces macabres projets ! Et là aussi la question de par qui, se pose ?

    Rapporter Benabdelkrim lundi 27 février 2017 10:45
  • Ces apprentis sorciers n'ont rien à voir avec l'agriculture et n'ont aucune notion de ce qu'est le sud, pire c'est tout un éco système qu'ils sont en train de chambouler et de détruire pour le profit qui ne sera que de courte durée, c'est des dizaines de milliers d'hectares qui ont été saccagés détruisant la seule flore capable de freiner l'avancée des sables, cette destruction aura des répercussions très graves sur cet environnement déjà tres fragile et quand le vent de sable se lèvera et c'est tres fréquent ça sera catastrophique pour les populations et le sable soulevé par ces tempêtes va conquérir d'autres surfaces n'ayant sur son chemin aucun obstacle
    C'est du suicide ces mega projets pire c'est un crime contre l'environnement

    Rapporter slimane lundi 27 février 2017 09:32
  • Cela s'appelle "vendre les bijoux de famille" . Après les hydrocarbures, il ne reste que le foncier et les réserves d'eau souterraines non renouvelables...Bien sûr, l'achat de ces bijoux se fera à crédit, financé par le trésor public ( le peuple va payer pour vendre ses bijoux!)..

    Plus saboteur, tu ...

    Rapporter Sabotagement lundi 27 février 2017 09:25
  • Aissa Manseur note qu'il «est plus judicieux de penser à un mégaprojet d’amenée d’eau pour ces zones céréalières qui sont en ‘’manque’’, irriguer les 3.5 millions d’ha réservés aux céréales nous conduit inéluctablement à l’autosuffisance et dégager également un surplus très important pour l’exportation ! ».
    *
    L'ECHEC DE LA GROUND WATER ECONOMY
    Il faut se garder du traitement théorique des chiffres. Comme le fait remarquer avec justesse Mr Manseur, il est certain que donner la priorité à l'agriculture sous pivot à partir de l'eau fossile des nappes phréatiques du Sud (grounwater economy) ne présente aucune garantie concernant la durabilité de ce dispositif. Le Pr. Amor Hallitim et une équipe de chercheurs, spécialistes des sols algériens, ont montré comment dans le Sud sous pivot, chaque tour d'irrigation apporte du sel au sol. En 4-5 ans, cette pratique aboutit à une baisse des rendements du blé par salinisation des sols. Cependant, il ne s'agit pas de tomber dans l'excès inverse et vouloir irriguer à tout prix « 3,5 millions d'ha » au Nord du pays. Dans son intervention à Maghreb Emergent, le Pr Omar BESSAOUD a tout a fait montré les limites de la mobilisation des eaux de surfaces vers le secteur agricole face aux besoins croissants de l'industrie et de l'adduction en eau potable des villes. Le dépouillement de la presse nationale montre qu'en divers points du pays, les autorités locales sont souvent obligées d'arbitrer au détriment du secteur agricole l'attribution de quota d'eau ; l'adduction en eau potable des villes ayant la priorité absolue.

    PENSER AGRICULTURE NON-IRRIGUEE
    En la matière, le salut ne viendra pas du ciel. La production nationale de céréales n'augmentera pas par la seule irrigation. La solution passe aussi par la modernisation des pratiques agricoles en sec. En la matière, l'expérience des artisans syriens et irakiens est à étudier. Dès 2005, bénéficiant de l'aide de la coopération internationale dont celle venant d'Australie, ces artisans et céréaliers ont mis au point des modèles low-cost de semoirs pour semis direct. Non seulement ces semoirs sont à la portée de toutes les bourses, mais ils ont la capacité à préserver l'humidité du sol ; chose que ne fait pas le labour. En Algérie, comme le dit un spécialiste de la question en matière d'érosion et de fertilité « el harth, 'adou al ardh », « le labour est l'ennemi du sol ».
    Le transfert de technologie opéré depuis les grandes plaines céréalières australiennes a porté sur ce qui semblerait être un détail mais a toute son importance dans le cas de la céréaliculture algérienne. Les dents de ces semoirs Made in Syria dessinent dans le sol un petit sillon au fond du quel sont enfouis semences et engrais. Dès l'automne, ce sillon joue le rôle d'un micro-impluvium collecteur d'eau de pluie (rainwater harvest). Alors que traditionnellement nos agriculteurs retardent parfois les semis jusqu'en novembre – ce qui pénalise le rendement – ce type de semoir permet de valoriser les pluies d'octobre et de semer à temps. Quant à la germination-levée des céréales, des photos l'attestent, elle est alors impeccable.

    FABRIQUER DES OUTILS POUR L'AGRICULTURE PLUVIALE
    Afin de mieux se convaincre de l'intérêt de ce genre de techniques modernes en agriculture non-irriguée, rien de mieux que de visionner le témoignage de Mr Attouati Mohamed fellah à M'Sila et chez qui des équipes de techniciens et ingénieurs du Haut Commissariat au Développement de la Steppe (HCDS) et de l'Institut Techniques des Grandes Cultures (ITGC). Le témoignage et la truculence de ce fellah qui a les pieds sur terre, font plaisir à entendre*.
    De même que pour désherber les cultures et éviter qu'elles ne soient concurrencées au niveau de l'humidité du sol, il existe des moyens mécaniques simples : herses étrilles et houes rotatives**.
    Alors, comment développer localement ce type de techniques en cultures non-irriguées? Tout d'abord en donnant plus de moyens aux équipes de terrain du HCDS et de l'ITGC. Ensuite, en fabriquant localement ce type de matériel. Des actions sont certes déployées dans ce sens. Ainsi, l'entreprise CMA-SOLA a produit à Sidi-bel Abbès un prototype de semoir, mais les essais traînent en longueur. Mais, il faut savoir que dès 2005, autour d'Alep et de Moussoul, les artisans locaux ont produit dans 8 petits ateliers 92 semoirs et transformés plus d'une dizaine d'autres. Pourquoi notre retard ? Que font le Madr, l'OAIC, nos CCLS, les fabricants ou importateurs en matériel agricole? Que font nos ingénieurs agronomes?

    MISER SUR IRRIGUE ET NON-IRRIGUE
    Chacun l'aura compris, notre développement agricole repose sur l'utilisation harmonieuse de l'agriculture irriguée et non-irriguée. Les faibles moyens dénoncés par le Pr Omar BESSAOUD pour développer l'agriculture en sec (90% des superficies) n'en a que plus de poids. En Algérie, nous ne pourrons pas irriguer toutes nos surfaces agricoles. Nous n'avons pas les quantités d'eau nécessaires.
    Mais au delà du débat sur le « tout-irrigation dans le sud » prôné dans les couloirs du Minitsère de l'Agriculture se pose la question de l'aide à la petite paysannerie algérienne (1 million de familles). C'est elle qui occupe depuis les temps le territoire et développant des trésors d'ingéniosité approvisionne les villes en viande, fruits et légumes. Consacrer des moyens à l'agriculture non-irriguée, c'est aussi s'intéresser à ce type d'acteurs économiques dont parle avec une chaleur peu égalée Mr Omar BESSAOUD en lui rendant toutes sa noblesse.
    Djamel BELAID. Ingénieur Agronome.

    Notes :
    (*) Ce témoignage est disponible à l'adresse : youtu.be/5daD0qjWHTk. Il rend compte de l'utilisation d'un semoir fabriqué en Syrie et importé par l'Algérie.
    (**) Voir sur youtube « Désherbage mécanique Arvalis ».

    Rapporter Djamel BELAID lundi 27 février 2017 08:55
  • IL N´Y A DE PIRE SOURD QUE CELUI QUI NE VEUT ENTENDRE:

    Excellent article qui dévoile encore une fois que l´Algérie ne manque pas d´experts.

    L´exemple de l´Arabie-Saoudite mais aussi de la Libye avec leurs mégas-projets pharaoniques qui ont bouleversé les ressources en eau et empisonné la terre sont édifiants.

    Même la Chine et sa politique des dix-mille vaches" a jeté l´eponge. Et l´Arabie-Saoudite a en effet investi dans des terres au Soudan, Maroc etc.., des terres plus propices à la culture des céréales et à l´élevage.

    La leçon que l´on peut tirer de cet article est qu´au lieu d´évaluer les expériences râtées des autres, le gouvernement algérien lui s´obstine à créer des mégas-projtes morts-nés et oublie que les intrevenants étrangers vont d´abord bien profiter de l´aubaine puis dès que les problèmes surgiront vont quitter le terrain rapidement avec des milliards de dollars en pôche.

    Resteront alors des petits agriculteurs ruinés (ceux qui ont survécu), des millions d´hectares saccagés pour toujours, des nappes d´eau épuisées et de la terre empoisonnée par les produits chimiques.

    Et surtout l´exode des popultaions du Sud dépourvues de leur travail millénaire. Oú iront ces citoyens ?

    Alors que toutes les études, statistiques et expériences démontrent qu´il faut au contraire encadrer les petites entités ou moyennes (entre 10 hectares et 50 hectares) , les décideurs algériens eux fonctionnent en mode " Hyper", " Méga" etc.., seulement pour la forme.

    En effet, le facteur essentiel d´une agriculture réussie est celui de la responsabilité DIRECTE de l´entrepreneur-agricultuer-éleveur qui travaille lui même SA terre avec SA famille et SES ouvrires bien payés et bien motivés sans l´intervention de la mégalomanie.

    Nous savons que la principale cause de faillite de la " Révolution Verte" fut justement le fait que des apartniks sans expérience agricole mais avec de bons contacts dans le FNL et autres ont pu s´accaparer des millions d´hectares récupérés de la main des colons.

    Et on a vu la faillite de ces fermes mal-gérées, on a vu aussi comment les tracteurs, camions, pompes, moissoneuses-batteuses, infrastructures sans maintenance (le je m´en foutisme ..) ont mené toute cette comédie agricole à la ruine.

    L´Algérie perd énormément de temps et beaucoup d´argent mais surtout enlève à l´agriculteur algérien l´âme de la réussite qui est:

    -Le travail de la terre sans l´intervention de la Hyper-mégalomanie.

    Le fait est que cent agriculteurs et éleveurs algériens bien motivés et bien encadrés par des ingénierurs et des technicines agronomes produiraiient mieux que mille Hyper-Méga fermes....

    Et surtout, la politique, les slogans et d´autres bêtises ne sont pas de bons fertilisants.

    Rapporter Belkbir lundi 27 février 2017 08:22
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