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Samedi, 25 Mars 2017

  •   Yazid Ferhat
  • jeudi 19 mai 2016 17:15

Mourad Preure sur Radio M: "L’instabilité juridique a brouillé l’image de l’Algérie auprès des compagnies pétro-gazières" (audio)

Mourad Preure lors de son passage hier sur les ondes de radio M (ph. : Ahmed Sahara/Maghreb Emergent).

Ce spécialiste des questions énergétiques préconise le retour à la substance de la loi 86-14 qui, a permis, a-t-il dit, la relance la production pétrolière et gazière algérienne, tout en adjoignant au contrat de partage de production, qui « est parfaitement admis » chez les compagnies pétrolières, des mécanismes d’écrémage des superprofits et une prise en compte des petits gisements et des hydrocarbures non conventionnels. « Il faut parler le même langage que les compagnies pétrolières », a-t-il recommandé.

 

L’amont pétro-gazier algérien inquiète l'expert international en énergie, Mourad Preure. Lors de son passage hier soir sur Radio M, la web radio de Maghreb Emergent, il a déploré un développement de cet amont qui n’est pas « au niveau de ces dix dernières années ».

L’Invité du « Direct » de Radio M s’inquiète encore plus de situation de l’amont gazier, qui, selon lui, n’arrive pas à suivre le rythme de la consommation domestique au point où « nous n’avons pas de volumes pour défendre notre part de marché » à l’international. « Nous sommes dans une industrie de long terme. Si vous avez un trou d’air aujourd’hui, c’est que vous n’avez pris les bonnes décisions il y a dix années », a-t-il expliqué, rappelant que l’Algérie était connue pour la stabilité de sa législation dans le secteur énergétique.

« Le pétrole est un domaine d’incertitudes géopolitique, géologique, commerciale etc. Si, en plus, on ajoute l’incertitude sur le plan réglementaire, on s’en sort plus », a encore expliqué M. Preure. Il a rappelé à ce propos que pendant 20 ans, la législation algérienne « était stable et fonctionnait bien ». « Et en une année, elle a changé deux fois de suite. Du coup, l’image de l’Algérie (auprès des compagnies pétrolières, NDLR) a été brouillée », a-t-il ajouté.

En ce moment de baisse des investissements dans le secteur pétrolier, qui pâtit de la chute vertigineuse des prix depuis juin 2014, M. Preure a préconisé le retour à la substance de la loi 86-14 qui, a permis, a-t-il dit, la relance la production pétrolière et gazière algérienne, tout en adjoignant au contrat de partage de production, qui « est parfaitement admis » chez les compagnies pétrolières, des mécanismes d’écrémage des superprofits et une prise en compte des petits gisements et des hydrocarbures non conventionnels. « Il faut parler le même langage que les compagnies pétrolières », a-t-il recommandé.

 

Entrer par la grande porte dans le secteur des ENR

 

Interrogé sur le programme national des énergies renouvelables qui prévoit la production de 22 000 MW à l’horizon 2030 et que le président de la république a rehaussé au rang de priorité nationale récemment, l’expert en énergie l’a considéré comme étant « insuffisant comme objectif par rapport au potentiel de l’Algérie ». Selon lui, l’énergie fossile ne va pas suffire pour satisfaire la consommation énergétique domestique, qui est appelée à tripler en 2040. C’est pourquoi, a-t-il recommandé, les énergies renouvelables doivent être mobilisées d’une manière intensive, surtout que « nous avons la chance d’avoir du gaz pour les centrales hybrides (gaz-solaire) ».

M. Preure a réaffirmé, sur les ondes de Radio M, sa conviction de la nécessité de « faire basculer notre modèle de consommation énergétique non carboné et non fossile » tout affichant une préférence pour les centrales hybrides. « L’Algérie doit s’engager d’une manière vigoureuse dans énergies renouvelables avec des centrales hybrides (solaire-gaz) tout en développant des concepts de smart grid qui allient technologie internet et énergie renouvelables. ».

Et de développer sa conception de la stratégie de transition énergétique qui est, pour lui, une stratégie industrielle avant tout : « La stratégie de transition énergétique consiste à déclencher un processus y compris mobiliser une épargne interne pour produire de l’énergie. Il faut que le développement du renouvelable soit vu comme un processus industriel sinon on va continuer à importer des dispositifs clé en main, alors que nous avons toutes les caractéristiques pour monter des partenariat internationaux et faire émerger des champions industriels et technologiques dans le domaine en profitant de la crise des leader européens et chinois dans le solaire et faire des acquisitions société de haute technologie pour entrer par la grande porte dans ce secteur ».

Pour écouter l'émission

 


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