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Mercredi, 18 Octobre 2017

  •   Hassan Haddouche
  • vendredi 15 janvier 2016 14:23

Slim Otmani sur Radio M : " L’économie algérienne a besoin du choc de confiance que produira la convertibilité du Dinar" (vidéo)


Pour le Président de Care, La solution et la sortie de crise pour l’économie algérienne se situent dans le « choc de confiance » que produira la mise en convertibilité du dinar et non pas dans le retours à des méthodes de gestion administratives du commerce extérieur. Pour sa première émission ‘’L’invité du direct‘’ en 2016, RadioM a reçu ce mercredi 13 janvier, le Président du conseil d'administration de NCA Rouiba, et président du think tank algérien CARE, M. Slim Othmani.


Dans un contexte marqué par la réduction des ressources financières du pays et le retours en force de la gestion administrative du commerce extérieur , c’est un credo libéral de facture très classique que Slim Othmani est venu défendre sur les ondes de Radio M. Commentant les dernières annonces relatives aux quotas d’importation fixés par le ministère du commerce pour le ciment, le rond à béton et les véhicules, le Président de Care livre un point de vue tranché : « les mesures qui ont été prises me gênent beaucoup ! Ce sont des mesures de sauvegarde, qui poursuivent des objectifs à très court-terme. Elles hypothèquent dangereusement l’avenir de notre économie ». Slim Othmani estime que le développement et la diversification de l’économie algérienne ne se feront pas à travers « les carcans des licences d’importation ou du contingentement ». La conséquence d’un tel protectionnisme produira de puissants lobbys qui feront tout pour maintenir leurs monopoles, soutient-il. Et de poursuivre : « On voit déjà des secteurs protégés, dont la production a explosé à nouveau. Si on se place dans une logique exclusive de substitution aux importations, on ne pourra pas construire une économie efficiente ». La réduction par des méthodes administratives des importations de véhicules elles-mêmes ne trouve pas grâce à ses yeux . « C’est une démarche incohérente car elle va pousser au développement du marché parallèle de l’automobile et des pièces de rechange ».

Climat des affaires : « Il faut aller plus loin ».

Pour Slim Ottmani les décisions fiscales contenues dans les dernières lois de finance vont, par ailleurs, « plutôt dans le bon sens , mais il faut aller beaucoup plus loin. ». La réduction de la taxe sur l’activité professionnelle(TAP) est « encore insuffisante. Elle doit être supprimée complètement ».« C’est une taxe qui grève la rentabilité des entreprises et constitue un puissant encouragement au développement de l’économie informelle. Tout le monde le sait au ministère des finances » affirme le patron algérien. Le Président du conseil d'administration de NCA Rouiba salue, en outre, les instructions données par l’exécutif en matière de facilitation et d’amélioration du climat des affaires « depuis la circulaire d’aout 2013 adressées à l’ensemble des administration » .Il doute cependant que cette démarche, à elle seule, puisse produire la dynamisation attendue du secteur productif algérien. A grand renfort de chiffres, il souligne la faiblesse des capacités d’accumulation du secteur productif privé national et l’insuffisance de leur accompagnement par le secteur bancaire. L’étroitesse du marché financier, qui pourrait constituer une alternative et son fonctionnement actuel, qu’il connait bien, lui inspire également des commentaires désabusés. Reste donc le partenariat international et les IDE qui sont seuls capables, selon l’analyse proposée par le Président de Care, de faire franchir à l’économie algérienne le cap de l’investissement et du saut technologique qui permettra son insertion efficace dans les courants d’échanges internationaux de produits industriels et de services.

« Le bon moment pour la convertibilité du dinar ».

Slim Otmani plaide en conséquence, à l’inverse de la démarche actuellement privilégiée par les autorités algériennes, en faveur d’ « une sortie de crise par le haut pour l’économie algérienne ». Il se dit convaincu qu’une grande part de la solution se situe dans le « choc de confiance » que produira la mise en convertibilité du dinar. « C’est le bon moment » assure t’il « nous avons les moyens de le faire ». La mise en convertibilité du dinar est une mesure qui peut redonner confiance aux algériens dans l’avenir et les potentialités de leur propre économie mais qui surtout constituera « un signal très fort » adressé à nos partenaires internationaux. Il concède qu’une telle mesure « risque bien sûr de provoquer une fuite des capitaux dans une première étape mais elle produira en sens inverse un flux d’investissement beaucoup plus important ». Le Président de Care assure que « nous avons beaucoup d’amis qui ne veulent en aucun cas voir l’économie de notre pays sombrer et qui considère au contraire qu’elle constitue un élément déterminant de la stabilité de toute la région. Ils sont prêts à investir dans notre pays à condition que nous fassions les gestes forts qui permettront de faire sauter les verrous actuels et de nous débarrasser en même temps de réglementations obsolètes comme le 51 /49 qui découragent les investisseurs internationaux ».

Extraits vidéo : http://bit.ly/1Zpgspj (part1)       Extraits vidéo : http://bit.ly/1SRNsqx (part2)

 

 


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3 Commentaires

  • Plutôt que de permettre une convertibilité du dinar algérien au niveau international, ce qui non seulement favoriserait la fuite des capitaux via des multinationales apatrides et avides gardons cet outil de souveraineté nationale mais permettons la convertibilité avec nos voisins directs comme la TUNISIE...Ce qu'il faut c'est favoriser l'investissement des algériens en Algérie avant de favoriser celui des multinationales étrangères. Un plan de vastes réformes juridiques fiscales administratives doit être fait dans ce sens de toute urgence. L'Algérie doit être le Singapour du maghreb et le sera car nos gouvernants l'ont compris...c'est le petit entrepreneur qui sauvera le pays et nos gouvernants l'aideront.

    Rapporter BOUJDAY KAÏSS mardi 2 février 2016 14:13
  • Le tout et son contraire....

    D'un côté on pleure sur la dévaluation qui va mettre l'économie à genoux et de l'autre on appelle à la convertibilité du Dinar qui va se traduire aussitôt par une forte dépréciation de la monnaie vu la forte demande des gens qui voudront transférer leurs monnaie de singe.. Bien entendu, la source des devises à échanger n'a pas été précisée vu qu'avec les prix du pétrole et les recettes actuelles, on n'arrive même pas à couvrir les dépenses légitimes...

    Par contre, pour un choc, cela va être un choc

    Rapporter Truc vendredi 15 janvier 2016 18:31
  • Allons, Mr Othmani, du calme!!! Faire la convertibilité totale du dinar avec un système bancaire aussi indigent, vous imaginez le cinéma ? Dans un pays où le pouvoir lui-même est infesté par les bandits ! Dans un pays qui n'arrive même pas à tracer les paiements de ses importations de marchandises! Qui n'est pas encore arrivé à organiser correctement le rapatriement de ses exportations ! Et que voulez vous que cela change pour le pauvre quidam qui n'arrive même pas à retirer les quatre sous de son salaire dans un guichet bancaire ? Vous pensez vraiment que c'est celle-là la mesure qui va le mettre en confiance ?

    Rapporter Ali Boron vendredi 15 janvier 2016 17:25
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