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Mardi, 20 Février 2018

  •   Aissa Manseur
  • vendredi 2 février 2018 11:56

Les céréales en Algérie entre l’"austérité" des conditions climatiques et le laxisme des pouvoirs publics (contribution)

 « Le blé tendre est une espèce très sensible qui demande un bon niveau de précipitation ainsi que de l’humidité lors des moissons. Il faut du temps pour trouver les variétés qui s’adaptent à notre climat sec. Pour nous, ce n’est pas une question urgente. On dépendra de l’importation mais il faut, par contre, penser à changer le modèle alimentaire algérien, rationaliser la consommation et gaspiller moins  » dixit de DG de l’OAIC.

 

L’importation du blé (dur et tendre) représente 65 % des importations des céréales et le blé tendre présente 70% de l’importation du blé. En  2016 l’Algérie à importé 8.5 millions de tonnes de blé ( dur et tendre) avec une facture de 1.79 milliards de dollars us dont 6.43 millions de tonnes de blé tendre avec une valeur de 1.24 milliards de dollars us. Si l’amélioration  significative de la production du blé tendre n’est pas une urgence, en quoi consiste l’urgence alors ?

Notre pays produit 5 millions de quintaux de blé tendre et importe 65 millions de quintaux !!! Ce n’est pas urgent de pallier à ce problème de dépendance quasi-total des importations de ce produit hautement stratégique pour notre alimentation ? Dépenser plus de 1 milliards de dollars annuellement rien que pour apporter le blé tendre est en lui-même un problème crucial qui alourdi la facture alimentaire, un problème pour lequel on doit prêter plus d’intention et ne ménager aucun effort afin de le résoudre !

Il est à signaler que l’importation du blé tendre a triplé en 10 ans, c’est la conséquence de l’évolution du mode de consommation de la population qui est basée essentiellement sur la farine surtout après la prolifération des boulangeries rotatives ainsi que la pullulation  des fast food et pizzeria notamment, en dépit des diététiciens et autres nutritionnistes qui ne cessent de sensibiliser les populations sur la nécessité de consommer avec modération ces produits, le pain traditionnel qui se faisait jadis  avec la semoule s’est ‘’reconverti’’  également en farine parceque les ménagères la trouve facile à pétrir que la semoule !

Depuis quand on cherche les variétés qui s’adaptent a notre climat ? Et jusqu’à quand on continuera à chercher ?

On accuse toujours les variétés qui ne s’adaptent pas à notre climat pour justifier les faibles rendements enregistrés depuis toujours, en plus des faibles précipitations, qu’est ce qu’on a fait comme action pour sélectionner des vérités locales qui s’adaptent mieux au milieu ?pourquoi on procède pas à l’irrigation des ces cultures ? Pourquoi on ne trouve aucune difficulté à mettre en œuvre les moyens pour l’irrigation des différentes filières et qu’on ‘’ rencontre’’ toutes les difficultés du monde quand il s’agit  d’irriguer les céréales ?  Pourquoi ce problème n’a pas été pris de façon sérieuse au cours de l’application des programmes de soutien quand l’argent coulait à flot pour financer  le développement de l’agriculture, on a financé n’importe quoi et n’importe comment sans pour autant s’occuper du développement de la filière céréale dont la dépendance vis-à-vis de l’étranger ne cesse de croitre, en 2018 on arrive toujours pas a satisfaire nos besoin en blé ? Produit de base pour l’alimentation de la population

Si vraiment le blé dur est à notre portée (on produit 20 millions de qx et on importe  18 millions de qx) qu’est ce qu’on attend alors pour couvrir nos besoins par la production nationale ? On n’a pas encore  atteint l’autosuffisance  pour le produit qui est a notre portée  comment faire alors pour celui qui est hors de notre portée !

Les arguments avancés par les responsables des secteurs pour justifier cette faiblesse des rendements des céréales notamment du blé tendre sont peu convaincants et pas du tout logiques.

Rationaliser la consommation et gaspiller moins, oui …  mais

C’est tout a fait légitime de parler de la rationalisation de la consommation et c’est tout a fait correcte lorsqu’on parle de l’ampleur du gaspillage mais il est également judicieux de voir comment fonctionnent les différents acteurs  autour de cette filière, comment se fait la distribution et comment contrôler les quantités transformées, savoir si toutes les quantités distribuées sont transformées afin d’approvisionner régulièrement le marché, des échos font etat de pratiques malsaines opérées par certains intervenants dans la distribution et la transformation du blé, des quantités de blé tendre se vendent comme aliment de bétail, et du blé importé  mélangé au blé local est livré aux coopératives après les moissons !  Cela laisse supposer que l’office achète ce produit deux fois une fois du fournisseur étranger et une autre fois de l’agriculteur local ?!! Comment classer le gaspillage dans la consommation devant ces pratiques diaboliques qui portent atteinte sérieuse à l’économie nationale.

Il faut dire et redire que la filière céréale n’a pas eu l’importance qu’elle mérite en tant que filière stratégique et son développement est relégué au second plan comparativement aux autres filières, arboriculture, oléiculture, …) qui ont bénéficié de plusieurs programmes de développement. Les céréales présentent un créneau autour duquel se jouent des intérêts interminables mais il est primordial que l’utilité collective l’emportera sur les ‘’ dividendes’’       restreints, c’est hautement utile et hautement stratégique ! 

On doit impérativement  ‘’gagner ‘’ La bataille du blé, produit essentiel de notre alimentation, la population est en ascension fulgurante et la production est en deçà des normes requises !

 

(*) Expert agricole 


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1 Commentaire

  • Merci M. Manseur pour ces éclairages pertinents.
    Vous mettez le doigt sur les pratiques mafieuses de certains "opérateurs" assoiffés de profits malsains et obsédés de tirer profits des moindres dysfonctions de la filière céréaliculture. Mais comme dit l'adage" qui accordera de l'intérêt à ton Livre (Zabor) ô Daoud?" Les experts algériens prêchent-ils une communauté de sourds-muets? Et encore, cela est du domaine du possible car le langage des signes peut surmonter l'handicap et on peut faire parvenir le message..
    Alors que faire? Les changements qu'il s'agisse de pratiques culturales ou de modèle de consommation prennent du temps alors que la situation en matière de dépendance alimentaire vis à vis du marché mondial a atteint une situation d'urgence.
    Je pense qu'il faut encourager tous les ménages qui le peuvent qu'ils vivent dans les villes ou les campagnes à renouer avec la terre et investir plus de temps à cultiver son petit jardin potager. Cela effectivement ne va pas augmenter la production de céréales mais les apports alimentaires que procureront les productions des ménages ( tomates, carottes, courges, courgettes, potirons, etc._ vont pousser les ménages à diversifier leur ordinaire. Ils seront gagnants car la part consacrée à l'alimentation dans le budget domestique baissera mais aussi sur le plan de la qualité de la nutrition facteur d'une meilleure santé notamment pour les enfants. Renouer avec ces pratiques n'est pas un signe de sous-développement comme l'a imposé la conception dominante "développementaliste" mâtinée d'agro-industrie pour une raison de coûts et surtout de profit pour les entreprises de ce secteur. Au contraire, même dans les pays riches , beaucoup de communauté se créent et se développent autour de ce concept de production d'une partie de son alimentation avec des techniques bio ou dans le sillage des idées de Pierre Rabhi, la permaculture. Ne craignons pas aussi le rétrécissement du marché pour les agriculteurs professionnels. Il y a toujours l'exportation et pour une pays comme l'Algérie que la Nature a dotée d'une variété de sols et de micro-climat, il ne faut qu'un peu d'expertise et beaucoup de sueur ( c'est l'ingrédient clé!) pour que ceux qui s,y consacrent gagnent convenablement leurs vies et contribuent à l'équilibre de la balance des paiements.
    Enfin, une dernière idée: développer des groupes, constitués sur la base des principes et l'esprit de coopération véritable- pas celle imposée par les bureaucratiques des ministères et offices agricoles de 1963 à la fin des années 80..pour dégoûter les gens de cette idée jugée trop dangereuse pour leur pouvoir- que ce soit pour la culture, les intrants, le savoir faire mais aussi la distribution. Une belle idée serait qu'autour de chaque école, collège, lycée, technicum, institut, dans les zones agricoles d'abord puis même en zones urbaines, se développent des potagers et des cultures pour alimenter les cantines et restaurants universitaires. Bien sûr, cet eco-système devrait être rentable car les revenus devraient au moins couvrir les coûts..ce qui ne signifie pas arrêter les subventions destinées aux enfants, lycées et étudiants de familles modestes, bien au contraire. Des repas diététiques et sains c'est un facteur important pour qu'une alimentation servent un corps sain avec un cerveau capable d'assimiler les savoir et savoir-faire.
    On voit bien que la réflexion pour des solutions durables induit une approche globale qui mène à rompre avec les schémas dominants souvent copiés de sociétés qui n'ont pas connu le même itinéraire historique que la nôtre. L'engagement dans le travail et l'effort n'est pas une chose naturelle. Il ne se produit que si les femmes et les hommes qui constituent la société sont conscients qu'au bout de cet effort, de ce dévouement, il y aura un résultat positif, une fierté d'avoir accompli son devoir et participé à changer les choses dans le bon sens.
    N'est-ce-pas là, un des secrets pour que la société approche de l'état de bien-être voire de bonheur?

    Rapporter Lahlou samedi 3 février 2018 01:20
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