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Vendredi, 24 Mars 2017

  •   Abed Charef
  • jeudi 26 janvier 2017 17:28

Donald Trump met ses adversaires sur la défensive, quitte à faire plus tard des concessions (analyse)

Donald Trump : des murs à ériger, des adversaires à abattre (photo : AP/ Jae C. Hong).

Le New York Times attribue au président américain l’intention de se désengager de l’ONU et de nombreuses institutions internationales. Une telle décision arriverait très mal pour le nouveau secrétaire général de l’ONU, qui vient à peine d’entamer son mandat et qui doit faire face à un problème inattendu.

 

  

En signant hier mercredi un décret pour amorcer la construction d’un mur visant à verrouiller la frontière avec le Mexique, le nouveau président américain Donald Trump a entamé l’application de la partie la plus contestée et la plus violente de son programme électoral. Ce qui apparaissait comme des rodomontades destinées à impressionner le public et les adversaires deviennent des projets concrets et des décisions.

Les projets les plus extravagants, les plus extrêmes du nouveau locataire de la Maison- Blanche ne constituaient pas une simple rhétorique électorale mais les éléments d’une démarche très concrète, qu’il vise à imposer à ses partenaires américains et au monde.

Tout en s’engageant dans cette voie périlleuse, Donald Trump continue de distiller des informations sur de nouvelles mesures radicales qu’il entend prendre, mettant le monde entier sous pression. Tout le monde se demande désormais quelle sera la prochaine étape, et qui en sera la victime.

 

« Un mur pour diviser»

 

Donald Trump veut faire financer par le Mexique ce mur envisagé le long de la frontière commune, un mur long de 1.600 kms, d’un coût estimé entre 15 et 25 milliards de dollars, en plus d’un entretien annuel de deux milliards de dollars.

Mesure phare de sa campagne électorale, ce mur est destiné à « sécuriser la frontière sud des Etats-Unis ». « Une nation sans frontières n’est pas une nation », a déclaré Donald Trump. Près de 11 millions de clandestins vivraient aux Etats-Unis, dont la moitié seraient mexicains.

Le président mexicain Enrique Pena Nieto a condamné le projet, « un mur conçu pour diviser », et affirmé à plusieurs reprises qu’il est hors de question de le financer. Ce à quoi Donald Trump a répondu que la construction se ferait sur le budget des Etats-Unis mais que le Mexique rembourserait sous formes de taxes ou de prélèvements divers.

 

Le traité de libre-échange trans-Pacifique dénoncé

 

Lundi dernier, le président américain avait signé un texte mettant fin à la participation des Etats-Unis au traité de libre-échange trans-Pacifique (TPP). Ce traité, non encore entré en vigueur, avait constitué l’épilogue de longues négociations menées sous Barak Obama. Il visait à contrôler le commerce dans cette région du monde, qui représente désormais 40% du commerce mondial. Le président chinois, présent à Davos, avait anticipé, en prenant le contre-pied de Donald Trump : le monde a besoin de plus de liberté de commerce, avait-il dit.

 

Les musulmans, cible facile

 

Ces premières décisions, qui ont soulevé stupeur et colère, mettent la pression sur tous les partenaires des Etats-Unis et préparent le terrain à d’autres mesures tout aussi extrêmes. Selon le Washington Poste, Donald Trump a signé un premier décret visant à interdire à des ressortissants de pays musulmans d’entrer sur le territoire américain pour une période d’un mois. « Ce n’est pas une interdiction contre les musulmans, mais cela concerne des pays qui ont beaucoup de terrorisme », selon la Maison-Blanche. Les pays concernés seraient l’Irak, l’Iran, la Libye, la Somalie, le Soudan, la Syrie et le Yémen. L’Arabie Saoudite, dont provenaient 19 des auteurs du 11 septembre, ne figure pas sur la liste.

L’accueil de réfugiés provenant de pays musulmans serait suspendu pour une durée de quatre mois, et les réfugiés syriens seraient définitivement exclus de l’accès au territoire américain.

 

Adversaires sur la défensive

 

Par ailleurs, le New York Times attribue au président américain l’intention de se désengager de l’ONU et de nombreuses institutions internationales. Une telle décision arriverait très mal pour le nouveau secrétaire général de l’ONU, qui vient à peine d’entamer son mandat et qui doit faire face à un problème inattendu.

L’annulation de la ratification de l’accord de Paris sur le climat figurait déjà dans l’agenda électoral de Donald Trump. L’OTAN, qu’il a qualifiée d’« obsolète », s’attend aussi à des décisions d’envergure, mais les contours de la nouvelle politique américaine sur ce terrain demeurent encore incertains.

Les équipes de Donald Trump tentent de calmer le jeu, en atténuant un tant soit peu le volet le plus violent de sa démarche, mais le monde entier se demande aujourd’hui jusqu’où il ira. Un premier objectif est déjà atteint : en affichant ainsi sa détermination, Donald Trump va obliger ses partenaires à augmenter leurs contributions, aussi bien à l’OTAN, à l’ONU, à l’Unesco qu’aux différentes institutions internationales. Il met tous ses adversaires sur la défensive, quitte à faire des concessions plus tard.

Les premières batailles devraient avoir lieu au Congrès, où les Républicains disposent d’une confortable majorité. C’est là que les premiers écueils vont apparaître et où Trump subira sa première épreuve majeure.


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