Connexion S'enregistrer

Connexion à votre compte

Identifiant
Mot de passe
Maintenir la connexion active sur ce site

Créer un compte

Pour valider ce formulaire, vous devez remplir tous les champs.
Nom
Identifiant
Mot de passe
Répétez le mot de passe
Adresse e-mail
Répétez l'adresse e-mail
Captcha
Mardi, 22 Août 2017

  •   Aniss Mezoued
  • jeudi 2 mars 2017 08:45

Algérie - Des projets de tramways sans projets de villes (contribution)

Cela fait déjà plus de cinq ans que le tramway d'Alger est en service et l'heure du bilan semble avoir sonné. "Le tramway en Algérie, un instrument de développement durable : mythe ou réalité ?"*.

 

Après Alger, Constantine et Oran, d'autres villes comme Annaba, Batna, Mostaganem, Ouargla, Sétif et Sidi Bel Abbès auront prochainement leurs tramways. Cette multiplication des projets à travers l'ensemble du territoire national algérien est le résultat d'une politique volontariste venant des plus hautes instances de l'État et non d'une décision des villes. Il s'agit avant tout de projets de transport pilotés au niveau national par le Ministère des Transports et l'Entreprise du Métro d'Alger (EMA) et au niveau "local" par la direction des transports de chaque Wilaya et les Wilayas elles-mêmes. Les études, quant à elles, sont faites dans une logique d'ingénieurs, souvent par des entreprises étrangères ou mixtes, à travers un calcul des flux de circulation et une localisation des densités de logement.

Les premières lignes réalisées à Alger, Constantine et Oran, semblent d'après les premiers résultats, répondre à la demande de transport des habitants. Elles sembleraient avoir atteint leurs objectifs, malgré le faible taux de fréquentation calculé avec la vente des billets. La fraude est importante et les observations de terrain semblent montrer malgré tout une forte fréquentation. Cependant, est-ce suffisant ? Est-ce qu'un tramway peut être un simple projet de transport ?

Cela fait déjà plus de cinq ans que le tramway d'Alger est en service et l'heure du bilan semble avoir sonné. C'est du moins ce que tente de faire le séminaire qui s'est tenu à Alger les 19 et 20 février 2017, sous le thème "Le tramway en Algérie, un instrument de développement durable : mythe ou réalité ?".

Si je devais répondre directement à cette question, je crierais haut et fort qu'il s'agit d'un mythe, non pas parce que l'objet tramway lui-même ne peut pas répondre aux enjeux environnementaux, sociaux et économiques du développement durable, mais parce que cette notion doit être approchée de manière globale. Le tramway ne peut répondre à un quelconque développement, qu'il soit durable ou non, s'il s'inscrit uniquement dans une approche sectorielle de transport. De même s'il ne contribue pas à construire un projet de ville ou s'il n'est pas accompagné d'une vision de développement de cette dernière.

Les projets de tramways en Algérie semblent donc avoir en commun une vision sectorielle centralisée qui se soucie peu des préoccupations locales. Les tramways n'adhèrent que très peu au territoire et sont conçus comme des lignes où l'espace public n'est réaménagé que dans l'épaisseur de la voirie qu'ils traversent. L'espace se situant de part et d'autre n'est pas pris en considération, si ce n'est dans les cas d'expropriations foncières.

Au lieu de tisser des liens entre les parties fragmentées des territoires, ils contribuent souvent à accentuer les fragmentations existantes ou à en créer de nouvelles. De plus, le développement des bords n'a pas fait l'objet d'études préalables ou de stratégies urbanistiques. Ils sont voués de ce fait aux stratégies des acteurs individuels ou des acteurs économiques privés qui agissent au détriment du bien commun.

La question du décalage entre une approche métropolitaine - qui porte, certes, ses fruits en termes de transport, et la réalité locale de la ville, m'a particulièrement intéressée dans le cadre de mes travaux de recherche, menés à l'Université catholique de Louvain (Belgique) et publiés en 2015. En partant d'une analyse fine des formes urbaines, des pratiques et des jeux d'acteurs, j'y propose des outils et des approches nouvelles qui permettraient, en se basant sur le projet actuel du tramway d'Alger et sur la réalité des pratiques qui gravitent autour, de passer d'un projet de transport à un projet de ville. L'espace public est ici compris comme objet de médiation entre les acteurs et comme fabricant de lien entre les différentes parties du territoire.

La vidéo que nous vous proposons de visionner ici est une analyse de l'adhérence du tramway d'Alger au territoire. Il s'agit d'une notion clé qui permet de mesurer l'ancrage du projet à la ville et de construire des solutions pour dépasser le projet exclusif de transport. Partant de là, nous pourrons parler de développement durable !

La vidéo est tirée du cours en ligne « Mobilité et Urbanisme » développé à l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) par Prof. Vincent Kaufmann (EPFL), Dr. Aniss M. Mezoued et Prof. Bernard Declève (UCL).

Pour aller plus loin sur le sujet, je vous invite à consulter la thèse de doctorat « La mise en récit de l'urbanisme algérois, passé, présent, futur. À la recherche des conditions d'institution de l'espace public comme médiation et comme projet. Cas du tramway d'Alger ». Elle est disponible en ligne et publiée aux Presses universitaires de Louvain.

 

(*) Aniss Mezoued  est enseignant-chercheur à l’UCLouvain et à l’EPFLausanne et consultant indépendant. Cet article a été publié initialement sur le Huffington Post Algérie.  



Évaluer cet élément
(2 Votes)

Laissez un commentaire



1 Commentaire

  • Fausses accusations gratuites et injustifiees. Demandez aux Algerois a quel point le tramway leur est utile en termes d'economies par rapport a l'utilisation de la voiture ou encore en termes de desencombrement des axes routiers, et vous verrez que le resultat est tres positif.

    Rapporter Patriot DZ jeudi 2 mars 2017 10:05
  1. En ce moment
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6

Vidéos

La fabrication des panneaux solaires coûterait très cher à l’Algérie-Pr Omar Aktouf

Sondage

L’Algérie a battu ce mois de juillet un nouveau record du pic maximum appelé (PMA) en électricité. Le PMA oblige Sonelgaz à un investissement de plus de 500 milliards de dinars par an.

Vous êtes d’accord avec ces dépenses à cause d’un pic de consommation de quelques jours par an car l’électricité est un droit constant ? - 26.7%
Vous pensez que cela est trop couteux pour le pays et qu’il vaut mieux se discipliner et arrêter la course financière derrière le PMA ? - 35.6%
Vous pensez que la croissance du PMA va se ralentir si les couts des investissements sont plus supportés par les usagers dans l’avenir ? - 28.7%

Total votes: 565

Vidéos

L’ambassadeur italien à Alger a évoqué sur Radio M le procès Saipem et l’investissement de Cevital en Italie

A ne pas manquer

Prev Next

Le roi Salman d’Arabie a dépensé plus de 100 millions de dollars pour ses vacances d'été au Maroc

  Les vacances du roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud au Maroc sont une bénédiction pour l’économie locale. Selon The Independent le souverain saoudien aurait dépensé l’équivalent de 100 millions de dollars pour ses vacances d’été annuelles au Maroc.

Pétrole - L’OPEP examinera en novembre l'accord sur la production

  L’OPEP fera le point en novembre sur l'accord de réduction de la production en vigueur depuis le début de l'année afin de décider s'il y a lieu de le prolonger ou d'y mettre un terme, a déclaré lundi Essam el Marzouk, le ministre du Pétrole koweïtien, à Kuwait TV.

Algérie - De retour aux affaires, Ahmed Ouyahia va être confronté à la question de l’endettement extérieur

   Le recours à l’endettement extérieur a été réprouvé dans le passé par Ahmed Ouyahia au nom du respect du choix présidentiel. Depuis les choses ont évolué à l’image de son «ami » Ali Haddad qui défend ouvertement cette option. Le Premier ministre va-t-il se mettre à jour?