Rapporter un commentaire

LE FOUR, LE COLON ET LA BAGUETTE......

Note:
Il y a plus d´un siècle, nos ancêtres cultivaient leurs terres, semaient leur orge, blé et autres céréales, allaient au moulin
commun et rapportaient leur farine

Puis chaque famille mélangeait sa farine, sa levure traditionnelle héritée de génération en génération depuis la nuit des temps puis pêtrissait et formait ses pains, de vrais pains complets que les enfants emmenaient au four commun. Le four commun.

Dans les montagnes, les campagnes, les petits villages les plus reculés et même dans le vaste Sahara, faire son pain
était un geste automatique. Depuis la nuit des temps.

En 1830, l´un des premiers gestes des rapaces colonialistes dans tous les pays occupés fut justement de détruire et les cultures traditionnelles et la culture du pain.

Car le peuple qui cultive son grain et cuit son pain est un peuple libre.

Quand les villages furent rasés, les villageois assassinés et les fours et moulins détruits, les stratèges colonialistes
ont alors instauré et les grandes fermes après avoir assassiné les habitants légitimes des villages rasés et brûlés et les grandes compagnies avec le monopole des moulins, des fours et des boulangeries.

Donc, en contrôlant le pain, les colons ont pu contrôler les peuples.

Et aujourd´hui, ce contrôle est plus subtile. En effet, la même infrastructure coloniale existe dans la majorité des anciennes colonies (Égypte, Libye, Irak, Soudan etc...) c´est à dire que des multinationales contrôlent le prix du blé et autres céréales à force d´observation satellitaires (prévoir la quantité des cultures à l´échelle planétaire pour fixer les prix futurs) et les gouvernements post-coloniaux qui au lieu de restaurer la culture ancestrale et son infrastructure millénaire jouent aux subventions ce qui est Harram.., ces gouvernements ont fait tomber leur peuple de l´enfer du pain de la Scylla coloniale dans la Charybde post-coloniale.

En vérité, le premier geste des révolutionnaires nationalistes patriotes aurait été d´éradiquer la "baguette" et les "boulangeries" pour restaurer les champs , moulins et fours traditionnels.

Et si "boulangerie" il y aurait, ces boulangeries seraient de vraies boulangeries traditionnelles non subventionnées mais gérées par des entrepreneurs libres en collaboration avec les collectivités locales.

Mais le mieux serait que chaque famille organise son propre pain...

Vue la paresse, la bêtise, le dépannage et le bricolage, les
citoyens d´aujourd´hui sont tellement paresseux qu´ils ne savent même pas pétrir la pâte et encore moins cultiver la terre.

C´est pourquoi, aditifs à la " baguette" qui n´apporte rien côté nutritionnel , nos citoyens amorphes font la queue pour s´acheter une " baguette" et les gouvernements au lieu de
nous présenter des discours "nationalistes" et " patriotiques"
devraient investir dans des moulins, fours et écoles pour réapprendre à ces citoyens sonnés au pain blanc à mettre la main dans la pâte.

IN: Le four mécanique, du boulanger Aïssa Bergui, page 213
Éditions De La Baguette, ISMN 1968

Fin de note.

Pour l´enfant (et l´adulte) d´aujourd´hui aux yeux figés sur le petit écran d´un Smartphone, l´odeur , l´atmosphère et les lueurs d´un four traditionnel sont des choses inconnues.

Ces consommateurs de " baguette" sont comme le loup du conte, "Le loup et le pain", conte qui devrait être le premier texte obligatoire et dans les écoles primaires et dans les universités.

Un loup affamé sentit la bonne odeur de pain d´orge tout chaud et avait parcouru une dizaine de kilomètres en suivant son flair, jusqu´à la sortie d´un village.

Le loup s´approcha d´un vieux paysan qui justement gôutait à son pain frais sorti du four encore chaud.

-Mmm, cela sent bon! Je peux gôuter ? demanda le loup.

-Mais bien sûr, s´il te plait, répondit le paysan en lui donnant un gros morceau de pain.

-Que c´est bon ! dit le loup en avalant d´un coup.

Puis le loup demanda:

-Oû as-tu chassé ce ... gibier ?

Le paysan rit et répondit:

-C´est du pain. Pas un gibier. Nous, on fabrique notre pain...

-Ah? Et comment on fabrique ce..gibier, pardon, ce pain? demanda le loup.

-Très simple, dit le paysan. D´abord il faut labourer la terre..

-Ah? Puis c´est prêts ?, demanda le loup impatient...

-Non, non, Puis il faut attendre les pluies, continua le paysan.

Le loup:
-Puis le pain est prêt?

Le paysan , calmement:
_Non, il faut d´abord semer les grains.

Le loup:
-C´est prêt ?

Le paysan:
-Puis il faut attendre le printemps et entre-temps enlever les mauvaises herbes et mettre des fertilisants...

Le loup:
-Et c´est alors prêt`?

Le paysan:
-Pas encore. Il faut attendre tout l´été...

Le loup:
-Prêt alors ?!

Le paysan:
-Non, pas encore. il faut moissonner....

Le loup:
-Maintenant, le pain est prêt?

Le paysan:
-Non, non, il faut séparer le grain de l´ivraie...

Le loup:
-Ah, ah ! Mais c´est prêt alors?

Le paysan:
-Presque. Il faut aller au moulin pour moudre le grain en farine.

Le loup:
-Dis mois que c´est prêt...

Le paysan:
-Un tout petit peu de patience. Il faut alors mélanger la farine, la levure, le sel et de l´eau...

Le loup:
-Enfin, il est prêt ce pain?

Le paysan:
-Presque. Il faut laisser lever le pain puis..

Le loup:
-Le manger?

Le paysan:
-Non, ami le loup. Il faut alors allumer le four et ensuite y mettre la pâte de pain. Et après 30 minutes, ce pain est prêt.

Furieux et impatient le loup quitta le vieux paysan pour aller chasser dans la forêt.

Ce texte, destiné à enseigner les valeurs de la patience, du travail et du bon sens a eu l´effet inverse dans notre région.

En effet, au lieu de se poser une question simple qui est que la " baguette", importation coloniale n´est pas apte à nos traditions, au lieu de réfléchir à cette addition et surtout dépendance de millions de citoyens à cette industrie de "la baguette" contrôlée non pas par les subventions mais par des multinationales qui du jour au lendemain ont les moyens d´affammer et l´Algérie et toute la région, au lieu de ces questions essentielles, nos gouvernements et leurs citoyens ont pris le revers du conte de ce loup impatient.

Comme le loup, nos concitoyens paresseux font la chasse á
la " baguette".

Si il ya un terme que Belkbir déteste c´est justement le mot:

-"baguette".

La noble baguette de France a sa place dans les vraies fermes et les vraies boulangeries, en France. Car le grain est contrôlé par des agronomes sérieux, les boulangers sont des virtuoses artisans pas des amateurs et surtout la qualité du pain est contrôlée.

Et surtout, cette baguette, la vraie entre dans la tradition de France.

Absolument pas dans les nôtres.

Heureusement que notre Inour (four traditionnel) qui a servi depuis des générations nous livre chaque matin du pain d´orge du terroir et enfants on mettáit un morceau de " baguette" (pain blanc) dans notre pain d´orge complet comme on met du beurre....
-