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Lundi, 24 Juillet 2017

  •   Oussama Nadjib
  • vendredi 19 mai 2017 17:55

Algérie: Le sociologue Nacer Djabi quitte une université "à l’agonie", livrée à la "violence et la corruption"

 Le sociologue algérien Nacer Djabi a annoncé aujourd'hui sur sa page Facebook qu’il quittait une université algérienne à "l'agonie" à qui le régime applique le même traitement qu’aux entreprises industrielles : au lieu de les réformer, il les laisse mourir avant de les céder au dinar symbolique.

 

 Nacer Djabi a décidé de quitter l’université après avoir choisi d’y travailler en «toute conscience » et y avoir passé des années gratifiantes  entre l’enseignement, la recherche et les combats syndicaux. « Qu’est-il arrivé pour que j’en arrive à demander ma retraite et à quitter l’Université alors que je suis un âge où je peux encore donner... ? ».

 A cette question le sociologue répond qu’il quitte l’université après être arrivé à la conclusion qu’il n’est plus possible de la réformer.  Il  dresse un constat sombre de l’état de délabrement de l’université et des situations de rentes dont profitent les différentes catégories (syndicats, organisations d’étudiants..).

Impuissance et corruption

 Le constat est implacable :« L’université algérienne n’est plus réformable et sa situation va se détériorer davantage. Les agressions contre les enseignants et la violence au sein de l’enceinte universitaire vont croitre et se développer car les conditions objectives et subjectives qui y conduisent sont réunies dans la majorité des institutions… Le niveau d’instruction des étudiants et des enseignants va se dégrader davantage et… les différentes formes de corruption vont prendre des dimensions industrielles… ».

 

Nacer Djabi Nacer Djabi

 

Nacer Djabi met en relief l’impuissance de la communauté universitaire qui « ne sait plus quoi faire pour sortir de l’impasse » et qui constate quotidiennement la dégradation «sans être capable d’une action collective organisée pour rompre » avec cette situation. «Ces universitaires s’attristent de l’état de dégradation de la situation en attendant de partir, comme moi, choisissant un salut individuel après l’échec des solutions collectives … »

Pour Nacer Djabi, le « coût politique élevé » d’une vraie réforme la rend indésirable pour le régime, qui « n'a fondamentalement aucune volonté de réforme, ni dans l’Université, ni dans d’autre domaines ». Le sociologue souligne qu’une réforme du système éducatif et de l’Université implique de « dire à la société des vérités connues » et de s’attaquer « à de nombreux intérêts et à des formes de corruptions répandues…

Il cite, à cet effet, des «organisations estudiantines et des syndicats qui, pour une bonne partie, sont devenus des producteurs de corruption à une échelle industrielle ». Une réforme implique de se confronter aussi à une partie du corps des enseignants, des étudiants et des catégories professionnelles, qui sont en charge de la gestion quotidienne.

 

 Des élites politiques et intellectuelles à grands clivages

 

La réforme de l’Université nécessite un consensus qui «n’existe pas actuellement » dans une société où « les élites politiques et intellectuelles sont traversées par de grands clivages, notamment sur les questions culturelles et linguistiques. En un mot, la réforme réelle exige des conditions, des stratégies et une détermination qui n’existent pas actuellement, ce qui veut dire que les choses vont probablement rester en l’état, voire se dégrader encore plus ».

 

Nacer Djabi établit un parallèle avec ce qui est arrivé aux entreprises industrielles publiques, «qu’on a laissé mourir au lieu de les réformer à temps pour les vendre ensuite au dinar symbolique. Une démarche sans grand coût politique et très fructueuse pour notre classe dirigeante».  La même démarche semble être mise en œuvre pour l’Université. Au lieu d’engager une réforme qui exige du courage, car pouvant être « politiquement couteuse », les tenants du régime choisissent la «facilité».  

 lls confient à des universités étrangères le soin de «former la future élite algérienne », une fois «démontrée» que « l’Université nationale n’est plus en mesure de la produire ». Les castes dirigeantes, qui ont gouverné le pays au nom d'une légitimité dépassée, veulent passer la main à leurs progénitures formées à l’étranger.

 La «société algérienne connaît de grands bouleversements », et l'une de ses tendances lourdes est le transfert du «bien public vers le privé», observe-t-il, et l'institution universitaire n'échappe pas à ce mouvement.

 «Notre Université va décliner puis mourir en douceur, en attendant l’Université privée – comme cela été le cas d’expériences arabes et étrangères – et l’apparition d’un système d’enseignement parallèle. L'avenir jugera sur cet aspect, mais les indices sur les expériences de pays arabes montrent déjà que le succès est loin d’être garanti alors que les inégalités sociales sont aggravées.  Ces expériences montrent que ce système d'enseignement ne sera pas plus facile à gérer qu’une Université publique qui agonise sous nos yeux».

 


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18 Commentaires

  • Quand on veut détruire un pays, on commence par détruire deus piliers fondamentaux: son système d'éducation et d'enseignement ainsi que son système de santé! TEL est l'objectif du LMD pour canaliser pour un temps toute une jeunesse dans des ghettos universitaires tout en dévalorisant le contenu de la formation pour mettre en relief la nécessité de privatiser les locaux universitaires au dinar symbolique et faire fuir les compétences et les intelligences vers d'autres rivages! Sans oublier les contrats juteux payés rubis sur l'ongle par le MESRS pour le transport des étudiants entre cités universitaires et lieux d'études distants sur des dizaines de km, au lieu de construire de vrais campus universitaires comme il en existe partout à travers la planète! Quant à l'alimentation et la gestion des cités universitaires, mieux vaut ne pas "soulever" le couvercle de la soupière!

    Rapporter Alibab mercredi 14 juin 2017 23:26
  • @Rapporter hacenewel vendredi 9 juin 2017 22:26
    ".... de citer recteurs, leurs tribus, ...". Très bien dit. il s'agit bien d'un tribalisme dans sa forme la plus abjecte

    Rapporter SaidoDZ lundi 12 juin 2017 13:07
  • désolée l université c'est ce que les universitaires en ont fait ! et pourquoi ne citer que les syndicats et les organisations estudiantines comme auteurs de la corruption industrielle. Il ne faut avoir peur, d'autant que vous êtes partant, de citer recteurs, leurs tribus, ...

    Rapporter hacenewel vendredi 9 juin 2017 22:26
  • MR NACER DJABI bonsoir
    votre analyse est très juste il ne reste plus rien à travers le pays
    effectivement il faut une réforme par des grands spécialistes en la matière
    il n y a plus de respect du temps sur les 09 mois de scolarité on en fait que 03 mois
    les modules sont vendu ou cédé aux enfants d une certaine classe de la société

    Rapporter ARABECHE mercredi 31 mai 2017 19:45
  • C'est la raison pour laquelle j'ai quitté l'université cette année à l'âge de 49 ans, en qualité de première femme ayant le grade de professeure de l'enseignement supérieur en Gestion des Risques dans le monde arabe.

    Rapporter BAHMED Lylia mardi 30 mai 2017 14:19
  • Merci Monsieur Djabi pour tous ce que vous avez donné!!
    Malheureusement le constat est le même dans toutes les disciplines même dans les sciences techniques.
    Dommage pour nos universités, qui normalement devraient gardé ces professeurs émérites....
    Personnellement je fais un effort surhumain pour ne pas plier bagage, car effectivement il devient trés dur de faire passer l'information tant le niveau à baisser et tant les étudiants sont désintéressés. Dans nos universités des enseignants sortent en pré retraites......

    Rapporter Merouani Hayet fAarida vendredi 26 mai 2017 16:39
  • Le sociologue n'a pas été assez courageux pour décrire la situation universitaire.
    Lire à :

    http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5197837

    Rapporter DERBALA mardi 23 mai 2017 14:10
  • C'est la raison pour laquelle j'ai quitté l'université cette année à l'âge de 49 ans, en qualité de première femme ayant le grade de professeure de l'enseignement supérieur en Gestion des Risques dans le monde arabe.

    Rapporter BAHMED Lylia dimanche 21 mai 2017 18:53
  • L'université algerienne est sinistrée c'est un fait; Le niveau a atteint des profondeurs abyssales;Pour ce qui est des sciences sociales ( on a pas le droit d'utiliser ce terme en Agerie); Les SHS ( sciences humaines et sociales ; Lettres arabes, droit..... oumayachbah dhalika) recupérent tous les ratés du systéme educatif ; Orientés au lycée dans les filéres litteraires les mauvais eleves du college arivent cahin caha à la fac à force de triche de par coeurisme et de rachat politique. Arivés à l'université ils sont parqués par centaines des amphis et des cités insalubres ou ils doivent se demener comme des diables pour decrocher un 10 que les enseignants leur octroient pour ne pas avoir à les subir en session de rattrapages; Le niveau est si bas que vous avez des etudiants , des doctorants , des docteurs et meme des professeurs en socio qui ne savent ni lire ni ecrire corrcetement; Bien sur qu'il y'a des exceptions à l'nstar de l 'honrable professeur qui vient de declarer forfait, il y'en a un certain nombre de sa genration qui suivront et ce sera le clap de fin pour ses sciences orphelines que les pouvoirs publics ont toujours meprisé; Ce n'est pas par hasard que l'arabisation à commencé par les sciences sociales pour les devaloriser les domistiquer et leur enlever leur caractére d'eveil des consciences; On peut dire sans se tromper que c'est cela la seule vraie reussite du pouvoir ; Decerbrer l'université;

    Rapporter KIMAGALEK samedi 20 mai 2017 22:33
  • C'est vraiment une très grande perte pour tous les assoiffés de savoir et de science. c'est un monument qui s'en va, et je sais que c'est à contre cœur .Souhaitons lui une paisible retraite.

    Rapporter Mansouri Ahcène samedi 20 mai 2017 21:24
  • la solution individuelle humainement elle peut se comprendre- en effet, il est devenu quasi-impossible pour nombreux enseignants, chercheurs et intellectuels de cohabiter et qui plus est de travailler dans une université clochardisée à l'extrême. cependant et parce que nous sommes des passeurs de savoirs, d'éthique et de moralité nous ne pouvons abandonner le terrain à cette bourgeoisie affairistes et à ses faux jetons- comment concilier le devoir de résistance avec sa propre éthique - Question qui ne peut se régler individuellement- la nation est un récit collectif et sa sauvegarde exige l'acte collectif du moins de ses élites ou considérées. Pourquoi ne pas réfléchir à une sorte de fondation Algérie réunissant scientifiques, intellectuels, artistes pour à la fois continuer à produire du sens, alerter la société et résister à ce démantèlement de la nation. dans le même temps pour nourrir ses sociétaires- elle aura la charge de l'expertise rémunérée dans ses domaines de compétences. Il est possible de réveiller les consciences y compris parmi certaines forces de l'argent dans la société.

    Rapporter Belgat saci samedi 20 mai 2017 20:47
  • Merci Mr DJABI, votre fait état du vrai diagnostic dont souffre l'Algérie profonde, les âmes, telle la votre, ( l'expression du terme âme n'est que préméditée, seule l'âme ne peut être vendu ), reste l'unique sentier, aussi long que soit-il, à faire déroute à ce système, La noblesse des sciences sociales, notamment la sociologie et l'anthropologie, en plus de leurs missions scientifiques, réside dans l'éveil que vous devez à la société, l'Algérie est en naufrage, ses gouverneurs ne sont pas à bord, ils ne risquent rien, l'unique nuisance qui pourrait les malmené serait le sauvetage de ces passagers, c'est la mission du connaisseur de la mer, dans ce cas de figure, , seuls et vous semblables pourraient entraver cette machination de privatisation qui tend à faire renaître l'esclavagisme latino-américain dotan en Algérie, le moment n'est nullement opportun pour jeter l'éponge, la retraite de votre âme n'aurait du goût qu'a la germination de vos idées et la mise sur du devenir d'une société en détresse. Mes respects Mr . Bon courage.

    Rapporter BENNACER Moubarek samedi 20 mai 2017 17:49
  • la corruption dans l université est non seulement généralisée et instutionnelle mais elle ne date pas d'hier; Le secteur est truffé d imposteurs, notamment dans les sciences sociales et humaines ou le plagiat et la connivence sont devenus la norme; Le pouvoir n a aucun intéret a reformer l université puisqu'elle est au coeur du système clienteliste a l algérienne.

    Rapporter stambouli samedi 20 mai 2017 17:44
  • une deception personnelle le conduit a dresser un requisitoire subjectif l algerie n a que faire de personnes defaitistes et incapables de vraies reflexions et se contentons de points de vue superficiels

    Rapporter malekfida samedi 20 mai 2017 15:23
  • Très correct..
    L'analyse du système algérien est très simple. C'est un appareil de destruction (avec une famille à l'abri à l'étranger) qui a planifié la disparition de la nation algérienne en: 1) détruisant la vache laitière Sonatrach sans aucune transition énergétique 2) mettant fin à la production d'élites à travers la dégradation de l'école et de l'université (pas de relève possible).
    Quel est le sort que nous réservent les parrains étrangers qui nous imposent ces mercenaires algériens? celui de la Syrie ou de la Lybie?

    Rapporter bacitement samedi 20 mai 2017 08:05
  • Bravo Mr
    la corruption est partout et touche tous les domaines et c'est voulu par le systeme en place
    j'incrimine surtout "l'élite" pour son silence presque complice
    Ce pays est foutu et l'éclatement c'est pour demain

    Rapporter no corruption samedi 20 mai 2017 01:23
  • Le constat fait par cet enseignant est juste et plus que pertinent mais il n'est pas allé jusqu'au bout de sa logique...

    Sachant que le pétrole qui fait vivre l'Algérie pourrait être exploité par les étrangers, que nos routes et nos maisons sont construites par les chinois, que l'agriculture va être peu à peu travaillée par les sub-sahariens que les malades qui ont de l'argent vont aller en Tunisie et les autres mourir en Algérie, à quoi servent les diplômés formés (gardés serait plus juste) par les universités Algériennes ? De futurs chômeurs et quelle serait alors la légitimité économique de quelqu'un qui forme de futurs chômeurs ? Aucune, lui aussi ne devrait pas exister (à son poste évidement)....

    Autre chose, l'article sous-entend que ce monsieur à démissionné mais comme sur la photo il doit avoir l'âge de la retraite, Est-ce qu'il n'a pas fait valoir ces droits ? ce n'est pas tout à fait la même chose....

    Rapporter Truc vendredi 19 mai 2017 19:44
  • Hélas Mr Djabi a raison sur toute la ligne pour les dérives qu'il énonce. Et encore, il passe sous silence la nature de cette corruption qui comprend, notamment un favoritisme criant dans le recrutement des enseignants fondé sur le népotisme, le douarisme, le trafic d'influence et j'en passe. Ce sont en majorité les incompétents qui sont recrutés. Le niveau de l'enseignement ne cesse de baisser avec cette politique et des bras cassés sont installés pour des carrières d'universitaires. Ne parlons pas de la perte des valeurs comme les jurus de complaisance, la fraude instituée dans la rédaction des mémoires et thèses et des enseignants qui se font rétribuer pour faire soutenir des thèses... Hélas le mal est profond et nulle volonté d'y remédier de la part des autorités.. Ajouter à cela la massification des effectifs d'étudiants qui rst devenue incontrôlable, l'orientation obligatoire vers des filières sans débouchés et la finalité de cette université rst qu'elle est devenue pourvoyeuse de chômeurs diplômés..

    Rapporter Kahoui vendredi 19 mai 2017 18:54
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