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Dimanche, 25 Juin 2017

  •   Abed Charef
  • lundi 27 mars 2017 14:57

Mahieddine Tahkout, le punching ball de l’échec industriel algérien (Opinion)

La controverse sur l’automobile a révélé l’indigence du projet industriel de Sellal, mis en musique par Bouchouareb (DR) 

La controverse autour de l'usine Tahkout a révélé l’indigence du projet industriel du gouvernement de M. Abdelmalek Sellal, mis en musique par Abdesslam Bouchouareb.

 

La prolifération de projets de montage automobile en Algérie m’a intrigué. Depuis des mois, j’essayais de comprendre quel était le modèle économique dont s’inspiraient ces projets, et quels intérêts avaient les grandes marques à s’installer d’une manière aussi aléatoire.

Economistes, industriels et financiers auxquels je posais la question répondaient tous de la même manière, en utilisant des formules plus ou moins polies. "Du n’importe quoi", disait l’un, "une manière grossière de camoufler l’échec industriel" disait un autre, quand un troisième n’hésitait pas à utiliser une formule du cru : "tiribarkisme".

Un économiste estimait, de son côté, que les milieux d’argent s’adaptaient à une nouvelle situation marquée par une relative rareté de ressources financières.

Toutes ces analyses me gênaient, parce qu’elles confortaient trop facilement mon point de vue. Il me semblait difficile d’envisager qu’un gouvernement dans son ensemble et de grandes marques automobiles puissent se hasarder dans des initiatives aussi risquées de manière aussi hasardeuses.

Quelques rares analystes essayaient de trouver des explications partielles, fragmentaires, pour expliquer le comportement des uns et des autres, mais personne n’était en mesure d’avancer une explication globale, cohérente, de ce qui se faisait.   Au mieux, on aboutissait à justifier le comportement d’un opérateur, mais aucun analyste indépendant n’adhérait au discours ronflant du ministre de l’industrie Abdessalam Bouchouareb.

 

Théorie des niches et contrôle du marché

 

 Une idée domine dans le domaine du montage automobile : un projet n’est viable que s’il atteint une certaine envergure, un "seuil critique" de 150 à 200.000 unités par an. C’est ce qu’a prévu Renault à Tanger, qui vise une production de 400.000 unités par an. Avec une telle envergure, le projet peut avoir un effet d’entrainement et donner naissance à un écosystème viable, avec l’émergence d’une multitude de partenaires et sous-traitants.

Face à cela, un industriel algérien estime qu’il est toujours possible à un constructeur local de survivre à un niveau beaucoup plus bas, sous certaines conditions : s’installant dans une niche négligée par les grandes marques, s’adosser à un grand constructeur, profiter ainsi d’avantages comparatifs et de coûts avantageux (main d’œuvre, énergie, marché plus ou moins protégé), tout en évitant les dépenses onéreuses liées à la recherche et à la communication de prestige.

 C’est le schéma adopté par Peugeot en Iran, et auquel semblait opter Renault en Algérie, en produisant des véhicules d’entrée de gamme, destinés à une clientèle modeste.

 

Convergences

 

 Les grands constructeurs avaient eux aussi, objectivement, intérêt à s’installer en Algérie. Face aux restrictions administratives imposées par le système des licences, ils avaient intérêt à préserver ou augmenter leur part dans un marché aujourd’hui en repli, mais dont les besoins vont probablement se stabiliser au-dessus de 200.000 véhicules par an, voire le double en cas de rebond du marché pétrolier sur le long terme.

 Dans le même temps, les concessionnaires automobiles, qui avaient amassé des fortunes colossales (1.2 millions de voitures en trois ans), pouvaient faire illusion. Ils apparaissaient comme les partenaires naturels de la nouvelle donne : remplacer progressivement les importations par une industrie locale, y compris sous la pression du gouvernement, qui ne peut plus faire face à la sortie massive de devises induite par les importations de véhicules.

 L’Algérie offrait ainsi une convergence réelle d’intérêts qui pouvaient devenir complémentaires: un marché intéressant, des marques soucieuses d’y affirmer leur présence, un capital disponible qui trouve un espace pour se redéployer, et une situation économique difficile qui poussait le gouvernement à changer de cap.

 

Lourde responsabilité du gouvernement

 

Mais c’était compter sans un contexte algérien très particulier, avec ses nombreux aléas: un gouvernement totalement déphasé, une déficience managériale criarde, un système de décision non opérant, et la forte implication des milieux d’argent dans les centres de décision.

 C’est le gouvernement qui a élaboré le cahier de charges destiné aux investisseurs, et c’est encore lui qui a leur a offert une multitude de facilités, allant de l’accès au crédit à un monopole de fait sur le marché.

 Mahieddine Tahkout, patron de Tahkout Manufacturing Compagny (TMC), pris à partie en raison de l’aspect rudimentaire de son "usine d’assemblage" à Tiaret, se défend : il a respecté le cahier de charges, dit-il.

Peut-il être blâmé, s’il arrive à le prouver? Si la pression des concessionnaires a débouché sur l’élaboration d’un cahier de charges très accommodant, faut-il mettre en cause la seule responsabilité des seuls concessionnaires, ou faut-il plutôt insister sur la responsabilité, voire la complicité, du gouvernement?

 

Un nouveau Amar Saadani

 

Mahieddine Tahkout sert aujourd’hui de punching-ball. Avec sa réputation sulfureuse, il apparait comme le Amar Saadani de l’économie. Sur les réseaux sociaux, il est raillé de manière féroce.  Deux images ont fait le tour du net : TMC se limite à monter des roues sur des voitures importées, et son usine se limite à une boîte à outils. Pourtant, rien ne dit que les autres promoteurs de projets automobiles font mieux.

 En dehors de la main d’œuvre locale, du coût de transport, la marge d’intégration reste dérisoire dans tous les projets envisagés, même si tous les investisseurs qui se bousculent dans ce créneau promettent 40% d’intégration dans un délai de cinq ans. Aucun constructeur, y compris Renault, ne rend publics ses chiffres, pour permettre d’évaluer ces projets. Il n’est même pas certain qu’une voiture assemblée sur place coûterait moins en devises cher qu’une voiture importée.

Ce qui montre où en est l’économie algérienne, avec le projet industriel de M. Bouchouareb, lequel est adossé au fameux "nouveau modèle économique" du gouvernement Sellal, le tout s’inspirant du "programme du président de la république ". Mais tant que le véritable adversaire reste hors d’atteinte, l’opinion s’acharne sur le punchig-ball.


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7 Commentaires

  • Tiribarkism, oui c'est le concept qui nous manquait pour expliquer toute cette industrie "florissante" pour ses proprietaries qui inondent le marché de produits soi-disant "ALGERIENS" mais qui en fait ne sont que de l'assemblage de deux ou trois morceaux importés, peu importe ensemble ou séparemment.
    Les exceptions sont rares de produits industriels de large consommation qui integrant une bonne partie de composants algeriens.

    Par contre on voit partout le televiseur "algerien", le telephone cellulaire "algerien" etc...Mais on ne voit jamais et on ne trouve nulle part un brevet algerien attaché aux composants de ces produits et franchement l'origine industrielle de leurs composants est facile à deviner, voire à trouver car les produits similaires inondent tous les pays...et malheureusement à des prix beaucoup plus competitifs que l'equivalent "algerien" qui cependant, il faut le reconnaitre, souffre de la faiblesse du dinar, mais qui profite en même temps de l'absence d'un marché régulé...mais bon tout cela est compliqué et heureusement on a le tiribarkisme qui permet de tout justifier pour ne pas dire legitimer.

    Rapporter abdou20433 mercredi 29 mars 2017 03:01
  • Un peu de bon sens, nous partons de rien ; nous avons bien des ingénieurs en mécanique mais zéro ouvrier qualifié et agents de maitrise en mécanique automobile. Par conséquent je ne vois pas par quel miracle on pourrait du jour au lendemain produire des voitures à 40 % d'intégration dans un domaine aussi rigoureux car il y va de la vie des clients!
    Les formations sont en train de se faire, on ne peut pas aller plus vite que la musique et surtout pas nous contenter d'une formation professionnelle au rabais. Ainsi j'ai appris que le programme spatial algérien avait subi du retard parce que des ingénieurs formés en Angleterre avaient préféré rester chez la perfide Albion qui les avaient débauché-embauchés.
    Donc, pas de précipitation et laissons les choses se faire naturellement tout en restant les yeux bien ouverts. L'Algérie peut réserver de grandes surprises.

    Rapporter LHomme de Mechta-Afalou mardi 28 mars 2017 22:11
  • En réalité la présence de TMC dans la région de Tiaret n'a pas apporté les effets escomptés a la population locale.

    Déjà, sa flotte de camions destinées a l'acheminement des conteneurs des ports vers l'usine donne un avant gout du sérieux du pseudo industriel, de sombres marques chinoises tractant des semi remorques déglinguées achetées a la hate sur le marché de l'occasion ou louées a des transporteurs bas de gamme.
    A première vue, les ateliers sont vides a l'exception des chariots grossiers, fabriqués sur place par des ferronniers maladroits.
    Si cette arnaque s'avere exacte, Mr Bouchouareb perdrait toute crédibilité dans ce domaine dont il fait son violon d'ingres, "dernaha djazairia" ne sera plus qu'un slogan creux !

    Lancé en grandes pompes par le PM Mr Sellal, l'usine de montage de la marque Hyundai n'est autre que l'ancienne usine Sonitex (complexe lainier) des année 70 devenue Elatex après les restructurations des grands groupes dans les années 80, suivit du coup de grâce dans les années 90 coïncidant avec la décennie noire qu'a connu l'Algerie.
    Or, aujourd'hui on traite mr Tahkout de tricheur même si cela n'est pas encore prouvé.

    Sur le terrain, les gens se bousculent tous les jours que Dieu fait au portillon de l'usine TMC sise a Zaaroura (Tiaret) pour une hypothétique embauche.
    La montée en cadence de l'usine n'est pas visible, vu la stagnation des recrutements.
    Alors que l'on parle deja de la marque SAIPA (Iran) qui elle, est hébergée dans une ancienne usine du secteur public(chaussures) a Frenda, 50 km a l'ouest de Tiaret.
    Une autre usine victime de la déstructuration du secteur public est dans le viseur de mr Tahkout, cette fois ci a Tissemsilt dans l'ex usine de la SNLB.

    Mr Tahkout avec un investissement dérisoire récupère des ensembles industriels qui ont couté des sommes faramineuses a l'état et qui ont laissé en rade plusieurs milliers de pères de famille.
    Le temps est donc venu où l'état doit demander des comptes au-delà de la supposée arnaque dont mr Tahkout est montré du doigt.
    Car faire du SKD n'apporte rien a l'état, économiquement.
    Ce n'est qu'un passage, une étape peut être est nécessaire mais qui doit vite être zapée.

    Le montage n'est rentable que dans le cadre d'une sous-traitance locale de PME qui doivent graviter autour du montage et que mr Tahkout doit promouvoir le plus vite possible en attirant les équipementiers de la marque a s'implanter dans le cadre de joint-ventures.
    Pour Mr Tahkout, il est temps de renvoyer l'ascenseur ...

    Les Tiaretiens attendent beaucoup de vous, ne les décevez pas !

    Rapporter Djamel AIT AMRANE mardi 28 mars 2017 18:53
  • Le drame de l'Algérie est qu'elle a eu, exception faite de Boumédiène, des dirigeants ayant le complexe du colonisé.

    Ils ont livré le pays à la colonisation de l'ancien colon mais cette fois-ci sans combat ni résistance.

    Et pourtant, il y avait et il y a toujours des pays qui seraient plus intéressants que la France avec lesquels travailler, le tout sans arrière pensée.

    Et effectivement, la principale arrière pensée est la vengeance des anciens colons qui ont encore parole importante et les soutiens au plus haut niveau de l’État français. Ils veulent à tout prix et par tous les moyens maintenir les bougnoules que nous sommes, dans le sous développement et cela n'est pas le moins du monde caché mais affirmé par toutes les autorités françaises.

    Partant, se mettre poings et pieds liés à l'ancien colon, il ne fallait pas s'attendre à mieux que de se faire écraser méthodiquement, continuellement.

    Des pays qui ont eu leur indépendance à la même période que l'Algérie sont devenus des pays développés à l'image de la Corée du Sud. D'autres pays qui criaient famine, sont devenus des pays émergents à l'image de l’Éthiopie. Et pendant ce temps, les dirigeants algériens se font caressés dans le sens du poil et recevoir le baiser de la mort sans s'en rendre compte, complexe du colonisé aidant.

    La seule question est donc selon mon, pourquoi s'entêter à vouloir faire encore et toujours confiance à quelqu'un qui ne vous a rien donné et qui plus est votre ancien ennemi qui ne deviendra jamais votre ami ?

    Lorsque ces dirigeants à la tête desquels l'inamovible hémiplégique auront dégagé du pouvoir et lorsque ce régime qui n'a rien apporté au pays aura été mis à terre, là oui là, l'Algérie saura quoi faire avec ses patriotes qui ne penseront, j'en suis sûr, qu'à développer le pays car il a les capacités en tout domaine, pour le bien être et le respect des algériens qui sont, pour l'instant et depuis "l'indépendance", malmenés par l'ancien colon à cause de ces mêmes pontes du régime.

    Bon sang de bon sang ce que je peux détester l'ancien colon et plus encore les dirigeants algériens qui ont foutu le pays dans le sous développement et qui ne font rien pour y remédier car il y a urgence.

    Rapporter Vangelis mardi 28 mars 2017 11:14
  • Ce constat est bien sombre a mon avis. Il faut bien voir que dans la formule d'industrie automobile choisivpar le gouvernement, soit 51% pour l'Algérie, il n'y aura jamais probablement d'integration avec un fort taux de la fabrication de vehicules. Est ce que vous pensez qu'un constructeur automobile va transférer toute sa technologie à un pays et devenir par suite spectateur d'une industrie qu'il a créé ? Il est clair que pour en arriver là, l'État devra tôt ou tard lacher du lest et au moins redonner la majorite des parts aux constructeurs s'il veut vraiment s'ouvrir la voie de l'exportation.

    Rapporter Kahoui mardi 28 mars 2017 10:07
  • Essalam
    Vu comme c'est parti le projet de montage est dangereux vu le manque de qualification de ces nouveaux riches et les sommes colossales pour acheter la pièce. Ce sera un fiasco total, le gouvernement pourri qu'est le notre met la charrue avant les bœufs, des voleurs ignares incompétents.
    J'aime mon pays, je déteste ses gouvernants.

    Rapporter Malki mardi 28 mars 2017 04:53
  • Quand les opposants à l'infitah vous disaient que la privatisation et l"ouverture aux investisseurs étrangers ne peuvent que contribuer à mettre l'économie algérienne encore plus à genoux, vous les traitiez de vieux fossiles dégénérés ... pourtant on voit bien ou ça nous mène tous ça. Historiquement, l'Algérie a développé une élite de culture socialiste, ceux qui voulaient l'infitah ne sont que des gros pleins de soupe qui ne pensent qu'à se remplir les poches, et qui restent des analphabètes dangereux pour nous tous y compris pour leurs propres privilèges, dans la mesure ou ils ne comprennent même pas l'importance du renforcement de l'économie nationale pour leurs intérêts ! Alors maintenant faut pas vous plaindre !

    Rapporter Nedjma lundi 27 mars 2017 18:13
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